Les Réponses de Elizabeth Little

41q50HtWLJL._SX316_BO1,204,203,200_Le pitch :

Après un procès qui a passionné l’Amérique, la jeune Janie Jenkins est reconnue coupable de l’assassinat de sa mère, la très fortunée et très mystérieuse Marion Dressner. Dix ans plus tard, le procès est révisé en appel, la libération de Janie scandalise le pays, convaincu de la culpabilité de la riche héritière.
Janie est-elle coupable ou innocente ? Elle-même n’en a pas la moindre idée. Trop ivre la nuit du meurtre, elle n’a plus aucun souvenir de ses faits et gestes. Ne lui reste en mémoire que les deux derniers mots prononcés par sa mère, deux mots mystérieux qui vont la conduire à aller chercher les réponses à toutes les questions qu’elle se pose dans une petite ville du Middle West.
Rares sont les auteurs de thrillers qui dès les premières pages capturent à ce point l’attention du lecteur pour ne plus la lâcher. Avec son premier roman, et une héroïne à laquelle on s’attache instantanément, Elizabeth Little réussit cet exploit et rejoint d’emblée le club très fermé des S.J. Watson, Harlan Coben, Mo Hayder et autres Gillian Flynn. Faisant preuve d’un sens du suspense impressionnant, elle nous offre ainsi une intrigue machiavélique, proprement addictive, doublée d’une réflexion passionnante sur les travers de notre société.

Mon avis: Lire la suite…

En ce lieu enchanté de Rene Denfeld

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Le pitch:

La dame n’a pas encore perdu le son de la liberté. Quand elle rit, on entend le vent dans les arbres et l’eau qui éclabousse le trottoir. On se souvient de la douce caresse de la pluie sur le visage et du rire qui éclate en plein air, de toutes ces choses que dans ce donjon, nous ne pouvons jamais ressentir. Dans le couloir de la mort, enfoui dans les entrailles de la prison, le temps s’écoule lentement. Coupés du monde, privés de lumière, de chaleur, de contact humain, les condamnés attendent leur heure. Le narrateur y croupit depuis longtemps. Il ne parle pas, n’a jamais parlé, mais il observe ce monde  » enchanté  » et toutes les âmes qui le peuplent : le prêtre déchu qui porte sa croix en s’occupant des prisonniers, le garçon aux cheveux blancs, seul, une proie facile. Et surtout la dame, qui arrive comme un rayon de soleil, investie d’une mission : sauver l’un d’entre eux. Fouiller les dossiers, retrouver un détail négligé, renverser un jugement. À travers elle naissent une bribe d’espoir, un souffle d’humanité. Mais celui à qui elle pourrait redonner la vie n’en veut pas. Il a choisi de mourir. La rédemption peut-elle exister dans ce lieu où règnent violence et haine ? L’amour, la beauté éclore au milieu des débris ? Rene Denfeld dépeint un monde d’une grande férocité avec une infinie poésie et une profonde humanité et nous offre un diamant brut d’émotions.

Mon avis:

Le narrateur est enfermé dans le couloir de la mort d’une prison située sur une terre aride, foulée de temps à autre par une horde de chevaux enchantés. Du moins c’est ce qu’il aime à penser.

Sa seule évasion est la lecture, qu’il a apprise seul, et qui a forgé sa réflexion. Mais trop tard, après l’enfermement, après que le moment de lui donner sa chance soit passée.

Qu’a-t-il fait ? Nous ne le saurons pas. Nous ne saurons que ce à quoi il arrive à faire face, soit son histoire au sein de la prison.

Mais nous devinerons, par petites touches, par des allusions au passé.

Qui est-il ? Il faudra attendre les dernières pages pour qu’il ose nous dévoiler son identité, même si j’ai deviné dans les premières pages.

Il aime « la dame », celle qui vient de temps à autre, qui est détestée par le personnel de la prison, parce que la raison de sa venue c’est sortir les condamnés à mort de leur couloir : oh, pas toujours pour les libérer, non, parfois juste pour qu’il sorte du donjon et rejoigne les prisonniers de droit commun.

Mais on ne l’aime pas, du côté des gardiens, car elle remet en cause l’ordre établi.

On suit donc les pensées du narrateur, qui se fait parfois omniscient ou simple psychologue, et qui devine ce qui se passe entre les gens parfois mieux qu’eux-mêmes.

Et on suit l’enquête de la dame qui tente de faire libérer un des congénères du narrateur, en enquêtant pour un cabinet d’avocat.

Le narrateur nous fait entrer dans la tête du souffre douleur, du gardien, du directeur de la prison, de ses « collègues » d’infortune, et de ce prêtre déchu qui tente de rattraper son passé par un dévouement sans faille à ces détenus abandonnés de tous, sauf de leurs victimes … et il effleure à peine sa propre souffrance.

Mais finalement, ce n’est pas l’enquête, ce ne sont pas les histoires qui façonnent ce lieu enchanté, mais bien les sentiments.

En ce lieu enchanté marchent les morts en sursis.

Peut-on trouver l’espoir dans l’optique de cette mort programmée?

Ce livre est un poème, une ode à la vie clamée par un être qui ne l’a pourtant pas connue puisqu’enfermé toute sa vie.

Les mots sont beaux, s’enchaînent et nous mènent dans un souffle à un épilogue que l’on sait ou que l’on devine inexorable, mais qu’on souhaiterait différent: parce que finalement ces monstres humains ne sont pas ceux que l’on croit.

Ils souffrent eux mêmes souvent de la souffrance qu’ils infligent, ils l’éprouvent et la subissent.

Des morts en sursis qui veulent mourir, ceux qui veulent s’en sortir, et ceux qui y arriveront.

Mais la libération est-elle la seule liberté ou y a-t-il une autre façon de se délier du poids de cette vie d’enfermement ?

Ce livre nous les décrit tous, et chaque mot est précieux.

Tout ce livre mériterait d’être cité.

Lire ce livre, c’est, malgré sa prévisibilité, faire sienne la sentence selon laquelle l’issue n’est pas une fin en soi, seul le voyage compte. Et il est magnifique ce voyage.

Une seule conclusion lisez le!