Rouille de Floriane Soulas

41rC7rjxGHL._SX322_BO1,204,203,200_

Rouille

Auteur : Floriane Soulas

Nombre de pages : 384

Maison d’éditions : Scrinéo

Illustration de couverture : Aurélien Police

 

Le pitch

Dans un Paris alternatif du XIXe, alors que l’Homme a conquis la lune, une femme sans mémoire se démène pour trouver son identité

Paris, 1897.
De nouveaux matériaux découverts sur la Lune ont permis des avancées scientifiques extraordinaires. Mais tout le monde n’en profite pas ! En dehors du Dôme qui protège le centre urbain riche et sophistiqué, le petit peuple survit tant bien que mal. C’est dans une maison close sur l’un de ces faubourgs malfamés qu’a échoué Violante, prostituée sans mémoire. Alors qu’elle se démène pour trouver son identité dans un monde dominé par les hommes et les puissants, sa meilleure amie disparaît dans d’atroces circonstances.
Contre la raison, la jeune femme décide de prendre part aux investigations…

 

Mon avis

Rouille est un roman foisonnant, passionnant et prenant.

L’univers impitoyable de Paris:

L’intrigue se situe dans un Paris frappé par la misère. Seul est épargné le centre-ville, protégé par le Dôme, dans lequel les populations les plus fortunées festoient et vivent sans soucis.

A la lisière du Dôme, Violante travaille comme prostituée dans une maison close, Les Jardins Mécaniques. La situation des filles est précaire et un seul mot de leurs proxénètes peut suffire à les conduire à nouveau dans les rues, ce qui équivaut souvent au pire à la mort, au mieux à l’addiction et à la misère absolue.

La pauvreté a naturellement été le terreau de la délinquance et les quartiers de Paris sont « gouvernés » par des apaches, ou chefs de gangs, qui se partagent les territoires et les commerces illégaux.

C’est dans ce climat que des crimes monstrueux frappent les bas quartiers. Les corps, ceux de prostituées et d’enfants, sont atrocement mutilés, les victimes sont sans lien apparent entre elles, si ce n’est leur extraction sociale, mais présentant tous les mêmes traces d’immondes tortures.

Dans un Paris survolé par les dirigeables, peu à peu envahi par les mécanimaux des ingénieurs missionnés par la police, Violante mène l’enquête sur sa propre histoire mais également sur ces meurtres commis de façon si ignoble.

Le monde décrit est foisonnant, intelligent et intéressant, présenté de façon fluide et ne posant de ce fait aucune difficulté quant à l’immersion dans le récit. On est tout simplement happé par ce Paris victorien moderne, fasciné par la vie de Violante, par la transparence totale de l’autrice sur la violence et la crudité de ce monde.

Floriane Soulas n’édulcore rien, ne pare pas la prostitution d’atours trompeurs, ne trompe pas son lecteur en le faisant vivre sous le Dôme, mais prend le parti de nous faire suivre des personnages des bas quartiers, des gens abîmés par la vie, appliquant un code d’honneur douteux et suivant une morale bien à eux… des gens qui survivent quoi.

Ce parti pris est fascinant et fait l’originalité du roman. Cette absence de manichéisme ancre le récit dans le réalisme et rend les personnages particulièrement attachant.

Au surplus, Violante est une héroïne parfaite.

Un portrait de femme:

Dans Rouille, Violante, l’héroïne, joue avec sa personnalité pour séduire les hommes, métier oblige, sans jamais pour autant ne se renier totalement.

Elle utilise sa profession pour s’affranchir du joug de la masculinité : malgré l’obligation qui lui est faite de tout faire pour satisfaire l’homme, elle conserve une indépendance rafraîchissante.

Violante a été sauvée par des hommes, elle est utilisée par les hommes, mais elle parvient à conserver une distance par rapport à sa profession et retourne la condition d’objet sexuel qu’on lui impose à son avantage en s’en servant pour se sortir de sa condition. C’est une figure féminine forte intelligente et qui se distingue de ses congénères qui, comme la majorité des prostituées prisonnière des maisons closes, n’ont pour seul espoir que le mariage avec un amoureux (toujours des hommes) pour se sortir de cette prison dorée.

Le parti de l’affranchissement de la figure féminine de la dépendance aux hommes  est pris jusqu’au bout car la fin du livre est un contrepied à ce qui se lit majoritairement, en tout cas dans la littérature habituelle. J’ai aimé cette fin et que Violante ne se définisse pas uniquement par rapport à la romance. Elle est lucide, indépendante, rafraichissante et a un sacré caractère.

Elle assume ses erreurs, se bat pour ne pas les reproduire. J’aime ce personnage !

Une lecture que j’ai énormément aimé, un premier roman brillant, Rouille est une lecture géniale. Floriane Soulas vient de sortir un deuxième roman, je pense que je craquerai lors des prochaines Imaginales !

Un commentaire sur « Rouille de Floriane Soulas »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s