Quelques minutes après minuit de Patrick Ness

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Quelques minutes après minuit

Auteur: Patrick Ness

Maison d’éditions: Gallimard Jeunesse en GF, Folio en Poche

Nb de pages: 368 pages

Illustration de couverture : Jim Kay

 

 

Le pitch

Depuis que sa mère est malade, Conor redoute la nuit et ses cauchemars. Quelques minutes après minuit, un monstre vient, qui apporte avec lui l’obscurité, le vent et les cris…Le roman original de Patrick Ness, magnifiquement illustré par Jim Kay et récompensé par les plus grands prix littéraires (dont le Prix Imaginales 2013, le Jugendliteraturpreis 2012 et la Carnegie Medal 2012). Une histoire bouleversante qui sait toucher le cœur des lecteurs de tous âges.Découvrez également la grande aventure du film : interviews des acteurs (Liam Neeson, Sigourney Weaver…), témoignage du réalisateur J.A. Bayona, révélations sur la création du monstre et les effets spéciaux, photographies et dessins inédits… Une édition exceptionnelle qui dévoile les coulisses du tournage.

Mon avis

Un conte allégorique

Vous parler de l’histoire, comme le livre n’est pas long du tout, c’est courir le risque de vous en dévoiler un peu … voire un peu plus qu’un peu.

Mais pour le coup, bien que j’entende essayer fort fort d’éviter les spoilers, je ne suis pas sûre d’y arriver.

Nous rencontrons donc Conor dans ce livre. Un Conor perdu, étrangement détaché de tout, et bien que l’on devine rapidement pourquoi, puis qu’on nous le dise, on se demande au début ce qui a conduit à un tel isolement, si brutal.

En réalité, j’ai espéré que la cause que je devinais ne serait pas celle-ci, de la même façon que j’ai espéré que la fin que l’on pressent inéluctable ne le soit pas tant que ça. Si le livre se déroulait autrement son message ne serait pas si fort.

Conor est harcelé à l’école, en veut à son amie de toujours, s’occupe de sa mère, et doit bientôt accueillir sa grand-mère qu’il n’aime pas du tout.

En réalité, ces derniers temps il déteste sa vie tout en la vivant à distance.

C’est dans ces conditions qu’un soir, le grand If séculaire de son jardin se transforme en un monstre, quelques minutes après minuit. Ce n’est qu’à la toute fin du livre que cette heure, 00h06, prendra tout son sens.

N’importe quel enfant serait effrayé, mais Conor prend la venue de ce monstre avec presque soulagement. Si les monstres existent et viennent quand on va si mal, c’est peut-être parce qu’ils sont là pour aider au fond.

Le monstre explique à Conor qu’il est là pour lui raconter trois histoires, sa seule promesse étant qu’il lui dira la vérité stricte et nue. A son tour, Conor devra alors lui dire la vérité.

Et cela, plus que le monstre, effraie le petit garçon plus que tout.

Chacune des histoires seront entrecoupées des scènes de la vie courante de Conor, qui ne va pas en s’arrangeant loin de là.

Patrick Ness, d’une plume qui va à l’essentiel mais extrêmement poétique, raconte l’histoire dans l’histoire avec efficacité.

Les métaphores sont intelligentes et lyriques, et forcément, quand on n’est pas un jeune ado, on sent tout de suite où il veut nous emmener. C’est néanmoins fait avec tellement de finesse que peu importe, il est impossible de lâcher ce livre.

Un livre comportant des messages forts

J’ai personnellement fini les dernières pages en larmes, comme rarement.

Un jeune lecteur qui n’est pas dans la situation de Conor abordera ce livre pour ce qu’il est, un livre qui parle d’un monstre.

Un lecteur plus averti, je veux dire plus âgé ou vivant une situation comparable à celle que vit Conor, sera autrement touché.

J’ai une amie qui a récemment fait visionner Harry Potter à sa petite fille, et qui avait peur qu’elle soit impressionnée par certaines images. Elle ne l’a pas été du tout. En effet, nous les adultes « savons » ce qui « doit » faire peur.

Parce qu’en théorie, nous possédons les codes, la culture qui va avec, on nous a appris à nous méfier.

Un enfant est encore dans l’apprentissage, et n’aura pas forcément peur de ce que l’on croit. Il a la chance de ne pas encore connaître le pire de la vie.

Et typiquement, c’est ce qui fait je pense que certaines de mes copines lectrices n’ont pas su dire si elles avaient aimé ou pas ce livre : parce qu’à nos âges, parce que lorsqu’on a déjà vécu le deuil, sous différentes formes, ce livre est dérangeant. Emouvant, beau, bien écrit, mais dérangeant, parce que Patrick Ness met le doigt sur ce qui nous emporte dans ces périodes si difficiles.

Il décrit avec une précision effrayante la faiblesse qui nous saisit et la capacité de certaines personnes, totalement nocives, à la sentir.

Il décrit avec minutie le sentiment de confusion qui nous atteint. Les pensées qui peuvent nous traverser, blâmables ou non, désespérées ou utopistes.

Il explique à quel point toutes les phases traversées sont normales, naturelles, et ne doivent surtout pas conduire à une culpabilité paralysante.

Il montre une façon difficile, toujours, mais une façon au moins de traverser tout cela.

On en ressort pantelant, épuisé, mais heureux d’avoir découvert une si belle plume.

Pour ma part, j’ai maintenant envie de découvrir les écrits de Siobhan Dowd, en la mémoire de qui ce livre a été écrit.

J’ai aussi une envie dévorante de lire d’autres livres de Patrick Ness, surtout La voix du Couteau, qui m’avait été aussi conseillé par Estelle Faye

Merci Sae et son club des Hiboux pour cette découverte

Je termine l’article par quelques photos du magnifique livre objet publié à l’occasion de la sortie du film par Gallimard Jeunesse.

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