Cavalier Vert tome 2, La Première Cavalière de Kristen Britain

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Cavalier vert, tome 2, La Première Cavalière

Auteur: Kristen Britain

Maison d’éditions: Bragelonne en GF, Milady en Poche

Nb de pages: 568 pages

 

 

 

Le pitch

Karigan est rentrée à Corsa pour finir ses études. Mais l’Appel est plus fort que sa détermination : au fond de l’esprit de l’ancienne Cavalière résonne sans arrêt le martèlement de sabots fantômes… jusqu’à ce qu’elle cède, et reprenne le chemin de la cité de Sacor. Mais la jeune femme retrouve l’ordre affaibli : des Cavaliers aguerris sont morts, et pourtant peu de nouvelles recrues ont entendu l’Appel. Cependant, Karigan voit le spectre d’une femme qui ne peut être que Lil Ambriodhe, la Première Cavalière. Pourquoi apparaît-elle à Karigan ? Et comment demander de l’aide à cette femme morte depuis un millénaire ? Car la brèche dans le mur de D’Yer continue à s’élargir et au coeur de la forêt veille une terrible menace…

 

Mon avis

Popopooooo ! Le premier tome a été une super découverte, le deuxième tome élève sacrément le niveau ! Tout gagne en profondeur, l’univers, les personnages, et les émotions par lesquelles l’auteure nous balade allégrement !

Un univers avec un développement à sa mesure:

On commence ce tome sur une note d’humour, et sur les circonstances du retour de Karigan auprès du Roi: je ne spoile pas, puisque tout est dans le résumé. Souvenez-vous, à la fin de ma chronique précédente, je quittais Karigan un peu fâchée contre sa dernière décision, qui était donc de ne pas répondre à l’Appel des Cavaliers.

Cela n’aura pas duré longtemps, et Kari fonde sa future légende de Cavalier sur une arrivée fracassante, amplifiée, déformée par la rumeur et particulièrement drôle.

C’est pour cela que la suite nous prend par surprise, et nous accroche à notre siège/lit/fauteuil (barrez selon votre routine personnelle de lecture).

Dans le tome précédent, Karigan a reçu un avertissement, et les dangers qu’elle a vécu ne sont que les premiers. Cet avertissement touche tout le Royaume, lequel a depuis longtemps banni la magie de ses Terres et de sa pensée pour oublier les souffrances datant de plusieurs siècles qu’il a subies : en effet, la Sacoridie a été victime d’un tyran doté de formidables pouvoirs magiques et seule l’Union de tous les peuples a pu en venir à bout.

A l’issue d’une guerre sanglante, un Mur a été construit pour isoler les Terres sur lesquelles le tyran fût tué, et comportant des résidus de magie.

La magie ne doit plus exister, et les Cavaliers verts sont pour cela considérés comme le parent pauvre des différentes gardes royales.

C’est dans ce contexte troublé que Kari rejoint cependant les CV (souvenez-vous, l’abréviation de Cavaliers verts! 😀 ), alors que de moins en moins de broches sont distribuées du fait du manque d’appelés.

Quand Kari fait quelque chose, elle le fait à fond, et elle s’est totalement abandonnée à sa vocation, volontaire pour les missions même les plus difficiles. Malgré les nombreux mois écoulés depuis le sévère coup de semonce donné dans le tome précédent, les forces obscures n’ont pas renoncé, le bouleversement du monde est en marche.

C’est un rappel douloureux qui est fait à une délégation royale dans les premiers chapitres du roman, rappel totalement inattendu après l’introduction que je vous ai décrite, et d’une violence terrible. A partir de là, tout s’enchaîne très vite.

Pour notre plus grand plaisir,  mais pas celui de notre estomac qui subira la même pression que si vous étiez dans des montagnes russes.

Toutes les questions posées dans le tome 1 sont approfondies: nous en apprenons plus sur les CV par une habile façon de voyager dans le temps : qui sont les Cavaliers, quelle est leur histoire, pourquoi sont ils encore emprunts de magie, les seuls d’ailleurs semble t’il ? Les aventures de Karigan et de ses compagnons, qui sont loin d’être de simples personnages secondaires, vont permettre aux Cavaliers de se rendre compte qu’ils ont rompu avec leur héritage du fait de traditions orales mal préservées.

Les relations de Karigan avec les Armes cette faction très secrètes de protecteurs du Royaume, vont permettre aux Cavaliers de retrouver tout doucement leur statut privilégié, et de ne plus être la cinquième roue du carrosse: cela ne se fera pas en un tome, mais il s’agit cependant d’un opus qui permet beaucoup de progrès en ce sens au vu de tout ce qu’ils ont pu perdre au cours des siècles.

Les Armes, qui sont quand même sacrément classes, ultra badass mais beaucoup trop secrets à mon goût (je sais c’est le principe, mais bon, j’ai le droit de vouloir savoir!), ont compris les premiers que l’arrivée de Karigan pourrait signifier de grands bouleversements: elle sera introduite dans certains de leurs secrets, pour notre plus grand plaisir.

Par des chapitres courts intermédiaires, Kristen Britain remonte également le temps en faisant parler certaines voix du passé, développant la fascinante mythologie des terres sacoridiennes. Et on se rend encore compte que Kristen n’a certainement pas l’intention d’épargner nos héros, donc nous par la même occasion.

Tout cela s’avère littéralement fascinant, entraînant, à tel point qu’il est impossible de lâcher ce second tome.

Le premier opus de la saga, peut-être à cause de la traduction, mais aussi parce qu’il s’agissait du premier roman de l’auteure, souffrait de quelques maladresses bien peu gênantes certes, mais indéniables: répétition de certaines expressions « pour faire médiéval’, erreurs narratives, lenteurs ou rapidités … minimes une fois encore, mais que l’on doit admettre par honnêteté.

Ce second tome trouve le ton narratif adéquat: l’Histoire est abordée pour notre plus grand plaisir, les personnages sont maîtrisés, leur background petit à petit abordé, et surtout l’ensemble de l’œuvre est logique et humaine.

Ici, on est réaliste, malgré le fait qu’on soit dans de la pure fantasy. Je m’explique :

Les relations entre les protagonistes savent prendre leur temps et s’inscrire dans un réalisme aigu: chez Kristen Britain, les relations humaines se construisent et connaissent des hauts et des bas. L’amour n’est pas évident parce que c’est l’Amour. Ce sentiment est connu, mais ne rend pas les choses faciles, contrairement à la plupart des romans. Le statut social conserve son importance, le Protocole ne peut être mis de côté.

Noble et roturier, c’est impossible: un riche amant ne plaquera pas tout pour les beaux yeux de la femme qu’il aime, ou l’inverse, tout simplement parce que c’est impossible. Les gens souffrent, mais doivent continuer à vivre leur vie, comme dans … la vie en fait.

Les obligations doivent être remplies, le monde sauvé. Si entre deux on peut vivre sa vie, on essaie, et sinon, eh bien on fait ce qui doit être fait.

Et dans ce tome, ce qui doit être fait c’est: résister aux pressions politiques pour sauver le monde tel qu’il est aujourd’hui connu, réussir à renouer avec la magie sans que cela ne braque personne, et sauver les Cavaliers verts qui vivent une crise sans précédents.

Et du coup ? Bah ascenseur émotionnel, ouaich !

Une auteure qui sait jouer sur toute une palette d’émotions:

Je vous l’ai dis, le roman commence sur une touche d’humour vraiment sympa. Cet humour est présent tout au long du livre, il était d’ailleurs déjà là sous forme de burlesque dans le tome 1, en la personne notamment des sœurs Sorbier.

Les relations entre les Cavaliers sont extrêmement complices, et finalement je trouve que lorsqu’ils sont ensemble, on assiste à des histoires typiques d’une grande bande de potes. C’est d’ailleurs tout à fait normal, car ils affrontent au quotidien des choses assez rudes, la perte des leurs, et depuis quelques mois des pressions très fortes de toutes parts: externes, parce que le roi attend beaucoup d’eux, et que le mépris des autres est dur à supporter.

Internes, parce que leurs effectifs se réduisent comme peau de chagrin, et qu’ils feront dans ce tome fasse à un bouleversement concernant un des attributs qui font d’eux ce qu’ils sont, qui est le fondement même de leur existence.

Le fait qu’ils se comportent entre eux comme des ado est tout à fait normal, et c’est une bouffée d’air frais.

En effet, à côté de tout cela, des relations amicales sont mises à mal, l’amour est dans CV une maladie parce que pour le moment il ne fait rien d’autre que faire souffrir, la noblesse est cruelle, les pauvres prennent cher, la politique est… la politique, soit une sacrée bitch; bref, la vie est dure en Sacoridie !

En Sacoridie, la confiance de deux amis peut se perdre, parce que c’est ainsi dans la vraie vie (la seule question est: peut-elle se reconstruire). L’amitié est soumise à rude épreuve parce que c’est ça la vie. L’amour ne peut passer toutes les barrières parce que pour certaines personnes, c’est ça la vraie vie aussi.

La vie est dure, mais passionnante, et les pages se tournent au rythme de scène d’actions très imagées et que l’on sent prendre vie : c’est ce genre de livres que je conseille de refermer régulièrement pour fermer les yeux et imaginer les scènes que vous venez de lire. C’est ce genre de livres pour lequel ça fonctionne de lire comme ça: s’imprégner des mots pour ensuite s’imprégner des images ou des émotions, les poils dressés sur vos bras, ou les larmes aux yeux, le cœur battant à 100 à l’heure quand vous devez aller bosser et que vous avez laissé Kari, Larenne, Fastion ou Alton en mauvaise posture.

Vous demandez plus à un livre, vous, sérieusement ?

***

Et toujours la magnifique couv’ de l’édition poche pour finir de vous convaincre de craquer!

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