L’Héritière de Jeanne-A. Desbats

indexL’Héritière, tome 1 de la série Testament

Auteur: Jeanne-A Desbats

Maison d’éditions: ActuSF en GF, Hélios en Poche

Nb de pages: 380 pages

 

 

 

Le pitch :

Je m’appelle Agnès Cleyre et je suis orpheline. De ma mère sorcière, j’ai hérité du don de voir les fantômes. Plutôt une malédiction qui m’a obligée à vivre recluse, à l’abri de la violence des sentiments des morts. Mais depuis le jour où mon oncle notaire m’a prise sous son aile, ma vie a changé. Contrairement aux apparences, le quotidien de l’étude qu’il dirige n’est pas de tout repos : vampires, loups-garous, sirènes… À croire que tout l’Alter-Monde a une succession à gérer ! Moi qui voulais de l’action, je ne suis pas déçue… Et le beau Navarre n’y est peut-être pas étranger.

 

Mon avis :

Ce roman est une pépite : on n’en parle pas assez !

La plume de Jeanne-A Desbats est un régal, elle maîtrise une gouaille délicieuse et très drôle, tout en gardant un niveau élevé de français.

Les descriptions de Paris pourraient me faire aimer la Capitale, alors que j’ai vraiment du mal à accrocher avec cette ville.

Pour finir, l’ambiance, la mythologie et le bestiaire présentés dans ce premier opus mettent l’eau à la bouche.

Des héros personnages attachants et nuancés :

Comme la quatrième de couverture l’indique, on suit donc ici les premières aventures d’Agnès dans ce tome introduisant la série Testament de Jeanne-A Desbats.

Agnès est une jeune femme qui n’aurait pas dû naître, puisqu’elle est issue de l’union d’une sorcière et d’un humain, sans avoir elle-même de pouvoirs de sorcellerie: le fait d’être dénuée de pouvoirs aurait dû conduire à son décès.

Elle a néanmoins survécu, au sens propre comme au sens figuré. En effet, si elle respire, mange, dort, « fait du sexe », bref assouvit les besoins d’un être vivant, elle n’a aucune vie à l’extérieur de la maison familiale, car elle est assaillie de fantômes dès qu’un être vivant « normal » (au sens sans pouvoirs magiques) s’approche d’elle, ou dès qu’elle s’approche de lieux non protégés ou non purifiés par des sorts.

Si elle doit traverser la ville sans que son chemin ait été magiquement balisé auparavant, elle doit se torcher sévère, de préférence avec du whisky, parce qu’elle aime ça.

Nous rencontrons Agnès dans un chapitre qui donne le ton: Jeanne-A Desbats, cultivée, intelligente et aux écrits merveilleusement bien ficelés, entend bien dédramatiser la chick/bit-lit, donner un coup de pied dans la fourmilière et s’approprier l’univers. Et ça fait du bien.

Agnès a donc perdu toute sa famille, se retrouve seule au monde, et n’a bien évidemment pas pu assister à l’inhumation car qui dit cimetière, dit fantômes.

Elle entend cependant rendre hommage aux gens qu’elle aime, et même pourquoi essayer de les voir une dernière fois sous leur forme éthérée. C’est donc bel et bien ivre qu’elle passe par-dessus la grille du cimetière, en robe noir et talons aiguilles pour essayer de dire adieu le plus décemment possible quand on se vautre dans la terre et qu’on essaie d’échapper aux assauts des morts indélicats.

C’est dans ces conditions qu’elle retrouve son oncle Géraud, pas vraiment oncle mais totalement sorcier et vieux de milliers d’années, qui décide de la faire sortir de son antre et de lui accorder un emploi dans son étude juridique qui gère à peu près toutes les affaires que les humains ne pourraient appréhender.

Notaire, avocat, marieur à ses heures perdues, Géraud travaille avec une équipe particulière.

Navarre, vampire rencontré pour les amateurs de la plume de l’auteure dans « Métaphysique du vampire« , aux éditions Hélios, lu pour ma part AB (avant-blog), que je résumerais (et j’en suis désolée, il mérite plus) par « c’est une tuerie ».

Vieux de quelques siècles, sexy comme il se doit et même plus pour les humaines du fait des enzymes sécrétées par son espèce, Agnès le désire immédiatement, en vain … mais ce qui va donner lieu à des situations très drôles, très hot, et très savoureuses.

Zalia, la sirène qui ne peut résister, lorsqu’elle est près de sources d’eau, à la tentation de noyer les gens. Petite fée hystérique, amoureuse de la vie, adorable mais incontrôlable, j’ai eu un gros crush pour cette sirène qui ne veut rien de plus que d’être une femme comme dans les magazines: à la pointe de la mode, de la déco, jusqu’au bout des ongles … alors même qu’elle échappe par nature à tous les clichés du monde.

Et je ne vous présente bien sûr que les personnages principaux, alors que les secondaires mériteraient vraiment un long développement chacun, tellement ils sont essentiels à l’intrigue, et bien développés.

Vont s’entrechoquer deux mondes : celui très restreint d’Agnès, qui ne connaît la vie que par ce qu’on a pu lui en raconter, les relations humaines que par celles qu’elle a eu avec les membres de sa famille et les amis de son frère qu’elle a fait passer par sa couche quand l’envie d’amour et de sexe (oui, les femmes aussi peuvent vouloir coucher sans rien d’autre) se faisait sentir, le monde occulte que par ce qu’elle a glané comme (peu d’) informations de sa mère …

Et celui des membres de l’étude, millénaires souvent, avec une expérience de la vie, de la mort, de l’amour beaucoup plus abouties que leur nouvelle recrue, totalement alcoolique par la force des choses, et totalement paumée aussi.

Il y a chez Agnès un décalage savoureux entre son ironie et son côté blasée de la vie (qui n’a pas été tendre avec elle), avec le regard complétement naïf qu’elle porte sur les choses, et c’est aussi ce qui fait le sel de ce roman.

En effet, Agnès a un côté vraiment mature: elle a une vision des relations humaines très décomplexée, un humour cynique très attachant. Et à côté de ça, elle a des rêves de « jeune fille en fleur », amour éternel, prince charmant…

Cette dichotomie va se heurter à un monde d’une rare violence, même s’il compte son lot de personnalités incontournables.

Un univers bien ancré et d’une grande profondeur:

Jeanne-A Desbats a développé son univers depuis des années. Le roman est sorti en 2014, mais des nouvelles et des romans ont déjà abordé la plupart des personnages qui sont développés dans ce livre.

Pour ma part, je n’ai lu, comme je vous l’ai indiqué plus haut, que « Métaphysique du vampire » un bijou d’écriture. Je n’ai pas lu les nouvelles. Je vais tenter d’y remédier.

Pour revenir à notre mouton vampirique, « L’Héritière » a une mythologie ultra poussée, très intéressante, et l’auteure n’y va pas par quatre chemins. On entre dans l’action assez vite, et on nous présente les différentes factions, les classes dirigeantes et les forces en présence très vite.

Et ça fait du bien, on ne va pas se mentir: j’aime les bouquins qui savent prendre leur temps, poser leur intrigue, mais aussi sur un certain type de littérature, j’aime aussi qu’on oublie les bavardages inutiles et qu’on aille dans le cœur du sujet.

Jeanne-A Desbats écrit avec une maestria et une culture évidente: on le voit dans ses descriptions de Paris, elle nous prend par la main et nous emmène dans les rues de la Capitale, à nous la faire aimer même quand on y accroche pas.

Elle connaît l’Histoire de sa ville, et inscrit parfaitement son intrigue dedans: très honnêtement, ça change d’auteurs par ailleurs très bons mais qui installent leurs histoires aux États-Unis ou autres pays anglo-saxons.

On assume ici de vivre en France : on joue sur cela d’ailleurs.

Je peux difficilement en dire plus sans déflorer l’intrigue, qui, comme je vous l’ai dis, se dévoile très vite. Je ne veux pas le faire d’ailleurs.

Sachez juste que sur un pitch de base assez classique, l’intrigue part vers un vrai livre d’action tout en développant suffisamment le côté psychologique des personnages.

Je vous ai dis que c’était un régal ? Oui ? Bon alors, vous savez tout ! 3, 2, 1, LISEZ !

***

Voici la couverture du roman en poche chez Hélios!

l-heritiere

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Un commentaire sur « L’Héritière de Jeanne-A. Desbats »

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