Cavalier vert tome 1 de Kristen Britain

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Le pitch :

Karigan G’ladheon, jeune fille éprise d’aventure, s’enfuit après avoir été exclue de son école pour avoir défié en duel le fils d’un gouverneur de province. Elle croise alors un Cavalier Vert, l’un des légendaires messagers du roi qui lui demande dans un dernier souffle de porter un message à son souverain. Sans même prendre connaissance de la missive, elle fait le serment de la remettre en mains propres, scellant ainsi son destin, car elle est soudain magiquement investie de la mission qu’elle vient d’accepter : devenir un Cavalier Vert. Dès lors, traquée par des assassins au service d’un mystérieux sorcier, Karigan ne peut compter que sur sa fidèle monture et les mystérieux pouvoirs qu’elle va se découvrir.

Mon avis :

Il s’agit de ma deuxième lecture de ce roman : je me rappelle que déjà, la première fois, j’avais été emportée.

On ne lâche plus CV (Cavalier vert, dit par les intimes!) une fois qu’on l’a commencé : allez, j’en ai envie, je la fais : c’est comme un cheval lancé au galop, une fois monté dessus, je vous déconseille d’en descendre. Ici, cependant, vous ne risquez pas de bosses mais une intense frustration.

Pourtant, quand on referme ce roman, la première impression est celle d’avoir vécu un super moment de lecture, sans trop comprendre pourquoi : c’est un premier tome relativement classique qui nous est proposé là. Semble-t’il !

Karigan, une jeune roturière, doit apprendre à s’intégrer à la noblesse Sacoridienne en étudiant à l’école Selium, école réputée, mais ouverte à ceux qui ont les moyens de la fréquenter.

Peu disposée à s’en laisser conter par les nobles, elle n’hésite pas à affronter l’un deux, le vexant et causant son renvoi de l’école. Décidée à affronter les conséquences de ses actes auprès de son père, avec qui elle est très liée, elle se sauve pour aller au-devant de ce dernier.

Débute pour Karigan une aventure rocambolesque aux ramifications nationales : sur ses épaules va reposer la continuité de l’Empire… tout ça parce qu’elle tombe sur un cheval têtu et son maître agonisant, se révélant être un Cavalier vert, soit un messager très spécial du Roi.

On est d’accord, on connaît ça : l’aventurier lancé un peu au hasard dans une aventure dont il ne veut pas vraiment, supportant finalement le poids du monde sur ses épaules.

Il y a cependant dans CV un charme indéfinissable, de ceux qui fondent une grande série…

Karigan est très attachante, une jeune fille de son âge, qui doute, dit et fait des bêtises, tout en apprenant de ses erreurs…

Les personnages secondaires, que l’on croise tout au long du livre, sont tour à tour intrigants (les sœurs Sorbier, Abram, les Elétiens, Fastion …), touchants (Abram, Alton, Melry …), drôles (Alton, Condor, dit Cheval une grande partie du récit), profonds …

Le lien entre le cheval et l’Homme est mis au centre du récit : Karigan ne serait rien sans le courage et l’abnégation de sa monture, et ce lien sera encore plus développé dans le tome 2, auquel j’ai pour le moment limité mon immersion dans la série.

Kristen Britain personnalise les animaux, elle leur donne une voix, une force, que ce soit grâce à l’aigle Lisse-Plume ou grâce à Condor et les autres, qui pour le moment ne font qu’une courte apparition dans le récit.

Je lis les romans en français, et la lecture est fluide : quelques répétitions sur la traduction, des maladresses qui rappellent qu’il s’agit d’un premier roman, mais rien qui heurte réellement le lecteur.

Malgré tous les écueils dans lesquels l’auteure aurait pu tomber, elle réussit à éviter le principal : écrire une histoire déjà lue.

Elle s’empare de lieux communs et les adapte à son univers. Les éléments de mythologie dispersés tout au long de ce premier roman intriguent, attirent : pourquoi le rejet de la magie qui semble présente pourtant à chaque page ? pourquoi les cavaliers verts, et leurs aptitudes ? pourquoi semblent ils si peu respectés et si peu nombreux, tout en étant si connus sur le territoire de la Sacoridie ?

Pourquoi le réveil de l’obscur, pourquoi maintenant ?

Va-t-on retrouver les sœurs Sorbier, que je pourrais comparer à Tom Bombadil, puisqu’il est de coutume de mesurer chaque centimètre de la fantasy au mètre étalon Le Seigneur des Anneaux ? rencontrer à nouveau l’intrigant Abram ? Somial ?

Les liens affectifs que l’on devine dès ce premier tome se développeront-ils selon le cœur, ou la raison ?

Il est bien étrange, ce premier tome, que l’on referme étourdi et abasourdi, en se demandant finalement ce qui nous a tant plu car, si fait, il n’est pas si différent d’autres que l’on a déjà lu… et finalement, lorsqu’on y repense, il est pourtant si original et si fort qu’il a su nous entraîner dans une lecture frénétique qui nous laisse sur l’intense frustration de ne pas avoir la suite à portée de main.

Abram, le sage bûcheron, prévient Karigan : « Les Cavaliers Verts vont toujours en hâte ».

Sa force est bien là, à ce premier tome du Cavalier vert, et à mon tour je vous avertis : vous irez en hâte, vous n’aurez de cesse de tourner les pages, de vous aventurer dans cet univers si bon enfant… au premier abord…

Au trop, au galop, vous n’arrêterez pas de lire, le cœur battant lorsque l’aventure s’assombrira petit à petit. Vous serez entraînés malgré vous dans la politique Sacoridienne, vous verrez l’horizon s’assombrir, espérant le retour de l’insouciance du début, et le redoutant en même temps, car c’est dans les épreuves que nous découvrons vraiment les personnages qui nous sont présentés, comme toujours!

Et lorsque vous aurez tourné la dernière page, vous aurez envie de gifler Kari, que vous aimerez pourtant déjà si fort… et si d’aventure vous possédez le tome 2, vous vous jetterez sur lui pour être sûr qu’elle n’a pas maintenu sa folle décision, même si évidemment vous vous douterez du choix final, un choix qui ne sera que le début de votre propre aventure.

Alors foncez, allez en hâte, mais sachez revenir sur vos pas, pour guetter au fil des pages les indices que vous pourriez avoir manqués. Rejoignez Kristen Britain et devenez Cavalier : aucune facilité, aucun lieu commun dans ce choix : dans le monde des Cavaliers, vous apprendrez à ne pas vous fier aux apparences, et à profiter de la chevauchée !

***

Petit focus sur l’édition toujours soignée présentée par Bragelonne, et illustrée par Alexandre Dainche. J’admire comme toujours la force des paysages qu’il dessine et la beauté des chevaux qu’il met en scène.

Le roman existe aussi en poche, toujours dessiné par Alexandre Dainche, que j’aime très fort : pas seulement parce qu’il a du talent mais aussi parce que c’est un homme au cœur d’or ! Prenez-en plein les yeux ! 😉

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