La lecture et moi

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Je ne me souviens pas d’une vie sans livres.

 

Une « rapide » histoire de ma vie avec les livres :

Je ne marchais pas que je demandais à emmener des livres partout … je ne lisais pas que je faisais semblant de lire, quitte à le tenir à l’envers … après  tout, on ne sait jamais, peut-être que l’image aurait eu un autre sens, vue à l’envers.

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Et puis après tout, Luna Lovegood lit Le Chicaneur à l’envers, alors, pourquoi pas moi ?

Bon, comme j’aimais les livres, mais que je n’ai pas su lire tussuite tussuite, eh bien forcément j’ai d’abord aimé les images : j’aimais les dessins pastels, les dessins d’animaux surtout : parce que j’avais déjà deux amours quand j’étais petiote, à part papa, maman, et papy mamy (les mecs j’avais, quoi, 18 mois, mon horizon était passablement restreint okay ?).

Donc j’avais déjà deux amours : les bêtes à poils, (pas à poil), et les bouquins donc !

Donc autant vous dire que les histoires Disney éditées chez France Loisirs, offerts par ma marraine à quasiment chaque visite, Ernest et Célestine, etc, c’était vraiment la panacée pour moi.

On n’avait pas beaucoup les moyens quand j’étais gosse, et donc ma soif de lectures, de nouveaux textes et images a dû trouver un biais pour s’étancher.

Au début, j’ai eu la chance de récupérer les collections de livres de mon père, dont le père, Papy Robert, avait gardé pas mal de cartons.

Ça allait de l’album pour enfants, aux livres de biologie et d’histoire de l’époque, aux revues sur les chiens (my god, le Samoyède découvert quand j’avais 6 ou  7 ans !), au premier bouquin avec les photos du film Tintin et l’orange bleue …

J’ai rapidement fait le tour de tous ces livres, ils ont donc sortis très vite les bibliothèques roses et vertes : Fantomette, le Club des 5, Alice, le Club des 7, etc … et je vous parle évidemment des vraies versions, pas celles édulcorées par du français à quatre sous.

C’était aussi l’abonnement pris en charge en partie par l’école à la maison d’éditions l’Ecole des Loisirs, je crois à compter de mon année de CP.

J’attendais mes livres avec impatience.

Comme tout cela ne suffisait pas, et que ces livres ont été vite lus, relus, re-relus, et bis repetita, ma mère a dû m’offrir un abonnement à la bibliothèque municipale.

Elle avait même fait une carte à son nom, comme ça, à partir de 10/11 ans, je pouvais emprunter tous les genres littéraires que je voulais. Sauf du porno, mais aucun intérêt de toute façon !

Parce que le problème du lecteur, d’autant plus quand il est compulsif, et par surcroît lorsque c’est un sale gosse, c’est qu’il ne faut surtout pas lui dire : « Lis pas ça, c’est pas pour toi ».

Quand on a plus de 20 ans, et que c’est un ami qui nous dit ça, eh bien on se dit qu’il est cool, qu’il connaît nos goûts et qu’il veut nous éviter une déception.

Quand on a 10 ans, on a envie de savoir ce qu’on nous cache.

Alors quand Papy Robert, avec qui on avait de longues discussions sur l’univers qui allait avaler tout sur son passage quand l’étoile Soleil serait fatiguée (oui à 7 ans, une instit avait commis l’erreur de m’emmener dans un centre d’astronomie), sur les théories du complot dans l’Histoire du Monde, et sur la seconde guerre mondiale, donc quand Papy Robert m’a dit que je pouvais lire tout ce que je voulais sauf ce qu’il y avait dans le buffet de la salle, j’ai évidemment piqué tous les bouquins du buffet après avoir piqué les clefs pendant la sieste de mes grands parents (#délinquantepourl’amourdelaculture , #papymamyjevousaime , #pardon)

J’ai donc lu entre 9 et 11 ans l’intégrale des témoignages de rescapés de camps de la mort réunis par Christian Bernadac.

Les nombreux cauchemars que j’ai fait sur cette période m’ont fait avouer mon forfait, et mon comportement a fait comprendre à mes parents qu’il valait mieux que je pose mes interdits moi-même en matière de lecture (toujours à part le porno, bien sûr)

En même temps, après avoir découvert la noirceur de l’âme humaine, j’ai décidé de revenir à du plus soft, et à me mettre à la BD franco-belge : papa était rassuré par les soins que j’apportais à mes livres, bien que plusieurs n’aient pas survécu à une trentaine de relectures attentives… même la plus soigneuse des gosses ne peut sauver un bouquin de ça !

J’ai donc enchaîné les Tintin, Lucky Luke et Astérix que mon père a eu la gentillesse de mettre entre mes mains.

La bibliothèque s’est vue régulièrement dépossédée de ceux qui me manquaient, des Yoko Tsuno, Spirou et Fantasio, Lagaffe, les Schtroumpfs, et d’autres dont je ne me souviens malheureusement pas.

Au passage, je dévorais « J’aime Lire », « Je bouquine »…

Je me souviens avec émotion de Mon Bel Oranger, du Jardin Secret, Le secret de Terabithia d’un Sac de billes, La petite princesse (devenu Princesse Sarah au Japon et dans mon cœur), le Petit Lord Fauntleroy, les 4 filles du Docteur March, mes romans de la Comtesse de Ségur…

Mais aussi l’Etalon noir (NON C’EST PAS DU PORNO J’ARRÊTE PAS DE VOUS LE DIRE), Black Beauty, l’appel de la Forêt, Michael chien de cirque, Croc-Blanc …

Mes premières incursions dans le fantastique avec Le Horla de Maupassant et A la croisée des mondes de Pullmann … mes premiers polars, plutôt soft avec les Higgins Clark de ma mère, ma plongée dans l’épouvante une fois le trauma survivants des camps passés, à 13 ans,  avec le recueil de nouvelles « Danse Macabre » de Stephen King… que je n’ai plus lâché pendant une dizaine d’années, avant de faire une pause assez longue.

J’alternais les lectures « adultes » avec celles de mon âge, je ressortais de temps en temps mes albums de jeunesse, parce qu’il n’y a pas d’âge pour la lecture, et parce que chaque nouvelle lecture, et chaque nouvelle vision des images de mon enfance faisait, fait ressurgir de nouvelles choses que je n’avais pas vues, de nouveaux souvenirs.

Je lisais partout, tout le temps, dès que j’avais 5 minutes : je me souviens de cet été chez mes grands parents dans la Manche, au cours duquel ma grand-mère a bataillé pendant 1 mois avec moi pour que je descende jouer dans le jardin, alors que j’avais une pile de pavés à lire : et quand je vous parle pavés, ce sont entre 500 et 1000 pages : cet été là, j’ai dévoré Autant en emporte le vent, me précipitant au deuxième étage de la maison dès que mamy avait le dos tournée, jusqu’à ce que j’ai l’autorisation de lire dehors.

C’est aussi cet été là que j’ai découvert Anne Rice, sa trilogie sur la sorcellerie ayant suivi Entretien avec un vampire et Lestat.

Je me souviens que j’ai dû appeler mon père en pleurs pour aller chez mon ami d’enfance, parce que malgré les avertissements de mes parents, je passais mon temps à lire en voiture (quand on partait en vacances, j’emportais un sac entier de livres, et la moitié était lue sur la route !).

Résultat, le jour où il a fallu que j’y aille toute seule, je me suis perdue. C’est à peine si j’ai su aller chez mes grands-parents, alors que j’y allais quasiment tous les weekends ! une des grandes hontes de ma vie.

En tout cas, j’ai grandi, vieilli, et j’ai dépensé énormément d’argent dans les livres, peut-être inconsciemment pour compenser toutes ces années où on a dû compte, ou parce que j’ai envie de tout lire, tout apprendre, ou tout simplement peut être juste parce que les livres c’est beau et ça sent bon.

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J’ai une PAL incommensurable de plusieurs centaines de livres … et finalement un de mes regrets, c’est de ne plus « pouvoir » faire comme avant : il y a tellement de livres à découvrir, à admirer, à respirer, que je ne prends plus le temps de relire.

En fait, je me rends compte que ça ne m’a jamais tant embêtée que ça de lire et relire mes livres, parce que je ne pouvais pas en avoir d’autres : ils étaient mes potes, mes meilleurs amis, et je savais exactement à quelle page les ouvrir pour provoquer le sentiment dont j’avais besoin : besoin de pleurer, de rire, d’être en colère ? je savais quel roman ouvrir à quel chapitre.

Maintenant c’est vrai que j’ai un champ quasi infini des possibles devant moi, mais parfois, je prends le temps dont j’ai besoin pour me replonger dans les livres que j’ai aimé : pour voir si ils méritent vraiment de rester dans ma bibli, pour voir si eux aussi ils peuvent continuer à provoquer ces frissons.

Si le sentiment que j’ai éprouvé lors de la première lecture n’existe plus, la magie est passée.

C’est ma façon à moi de faire du tri…

 

 

« Pourquoi tu es comme ça ? »

 

J’étais donc une petite lectrice. Livre ouvert sur mes genoux en classe (mes profs n’ont jamais pu me punir car j’arrivais toujours à réciter les dernières phrases qu’ils venaient de me dire !), livre ouvert dans la cours de récré, handicap social majeur, vocabulaire visiblement particulier (je ne m’en rappelle pas, mais on me le reprochait tout le temps), solitude, craintes bizarres (passer dans un monde parallèle, la terre brûlée par le soleil), regrets étranges (pourquoi je n’avais pas d’animal de compagnie qui parle et qui m’accompagnait partout ?)…

Autant vous dire que je ne brillais pas par ma popularité, mais plutôt par ma singularité.

Je pourrais vous raconter pas mal de choses sur le harcèlement scolaire, les copains, mais ce n’est pas le sujet, bien qu’il soit nécessaire de l’évoquer, un peu.

Sans compter que j’ai grandi dans les années 90, donc à moi les cheveux permanentés, les lunettes à écailles et les jeans trop grands : on était tous logés à la même enseigne, d’accord, mais ajoutez à ça une tendance déjà compulsive à l’époque à se prendre les pieds dans toutes sortes de tapis et irrégularités du sol, les ballons de tous les sports dans la tronche, de même que les poteaux, vous aurez une idée du boulet que je pouvais être : à ma décharge, je faisais tout avec un livre dans les mains, et pire encore, sous les yeux, même en traversant la rue.

Je vous raconte pas le nombre de poteaux qui doivent avoir une face de Lilie incrustés sur eux et le nombre de voitures qui me klaxonnaient.

Donc forcément j’étais chelou, et malheureuse.

Sauf quand j’ouvrais mes livres : mes personnages favoris comprenaient mes blagues parce qu’ils vivaient dans mon monde. Lyra me prêtait Pantalaimon  pour que l’on puisse faire les 400 coups, je montais à cheval comme une déesse grâce à Black et Black Beauty, je sauvais Buck et Michael, les chiens malheureux de Jack London, je chassais les fantômes ou les aidais à trouver la rédemption, et j’avais plein d’amis parce-que dans les livres la singularité c’est cool.

Bon ça devient cool après quelques épreuves, mais quand même.

Je n’étais pas bizarre, dans ma chambre, à voyager et à rêver.

Je n’étais plus bizarre, sur ou sous mon lit, dans les bras de mon ours géant, je n’étais pas bizarre aux yeux de mon petit frère, qui me demandait d’inventer des milliers de scénarii pour jouer à des jeux abracadabradantesques en forêt ou à l’intérieur, faisant hurler mes parents…

J’avais de l’imagination, j’étais balèze pour jouer aux jeux vidéos, et mes vrais amis étaient plus âgés que moi : j’en avais peu, mais ils comprenaient mon monde intérieur. Enfin, je le croyais, mais on n’est pas en thérapie, alors ça, ça restera de l’ordre du secret !

Les livres sont un refuge.

J’ai du mal à comprendre la façon dont peuvent être conspués les jeux vidéos, car perso, je me suis servie des livres de la même façon dont mes amis les geeks peuvent à un moment de leur vie se servir des jeux = ça a été mon échappatoire, ma façon d’apprendre à gérer le monde, les émotions, l’agressivité, et les souffrances importantes que j’ai connues.

Mon réflexe, encore aujourd’hui, malgré Google,  malgré mon attachement à Internet ou aux jeux, aux séries, et au monde vidéoludique dans son ensemble, c’est de prendre un livre quand ça ne va pas.

Always

J’ai plus de choix qu’avant, car j’ai eu le temps de faire du stock depuis mes 17 ans et mon premier travail saisonnier, mais rien n’a changé.

Mes émotions fortes sont gérées par le biais de la lecture et de l’écriture.

Je ne sors jamais sans 2 livres minimum dans mon sac (un de chaque genre), un carnet et un stylo… parce que c’est mon réflexe anti angoisse.

C’est mon refuge, ma façon de gérer le monde : quand j’étais tellement obèse qu’on ne me donnait plus que 3 ans à vivre, et que j’ai déclenché un diabète, j’ai acheté des tonnes de bouquins là-dessus.

Quand j’ai su que je me ferai opérer, j’ai cherché un livre de témoignage.

Quand j’ai, après avoir longtemps effectué des études de droit sans but aucun, craqué pour le métier d’avocat, j’ai dévoré des livres sur les métiers judiciaires, écrits par des futurs confrères, des gens victimes du système, des magistrats, des jurés, des essais, etc…

Quand je me suis interrogée sur le monde et l’importance de la philo en terminale, j’ai relu le Monde de Sophie, découvert quand j’avais 12 ans.

Quand j’ai commencé à lire des thrillers et que je me suis à nouveau posé des questions sur la noirceur de l’âme humaine, les livres de Bernadac ne m’ayant pas aidé à comprendre, j’ai lu des livres écrits par des spécialistes des tueurs de masse, des tueurs en série, des essais sur la violence : je n’ai toujours pas compris, je continue à chercher.

Cette violence, contre les autres, contre soi, je la côtoie tous les jours : j’ai de quoi l’étudier.

Mais ces livres m’ont permis d’appréhender l’humanité autrement, et je reste persuadée que sans ces bouquins, aussi durs et violents soient ils, je n’aurais pas pu exercer mon métier.

Car la seule chose dont je suis sûre maintenant, c’est que cette violence, nous l’avons tous en nous, et que seuls des codes sociaux bien établis et bien imprégnés nous empêchent de la laisser s’exprimer.

Le livre, c’est mon refuge, mon apprentissage de tous les instants, mon rêve éveillé.

Oui, pendant longtemps ça m’a rendue asociale, bizarre, et ça a fait de moi un bouc émissaire, la fille qu’on insultait sans raison.

Maintenant, même ce sentiment d’anormalité, qui ne m’a jamais quittée, je le chéris.

Je sors ma console portable avec plaisir devant les confrères, mes livres SFFF aussi, et les regarde avec une petite joie secrète me prendre de haut et me parler du dernier livre primé qu’il faut absolument lire.

Je leur réponds trans-culturalisme et fais des études comparées des livres dont ils me parlent et de la prétendue sous culture qu’ils dénoncent, alors qu’à côté de ça on adore Murakami qui ne fait rien d’autre que d’écrire des romans fantastiques un peu plus prétentieux que les autres. (J’aime Murakami, mais je k3 peux m’empêcher de constater un certain élitisme quand je le lis)

Ça me fait sourire désormais de voir les intellectuels de tout bord vouer aux gémonies la littérature fantastique quand chaque auteur classique y a recours d’une façon ou d’une autre.

Jane Eyre joue sur la peur des fantômes pour finalement s’ancrer dans le réel, de même que Agatha Christie avec ses meurtres impossibles, la porte fermée de l’intérieur.

Il n’y a, je trouve, jamais eu plus efficace moyen que de dénoncer les travers du monde réel et tangible que la littérature fantastique. Mais je dépasse encore du cadre de cet article.

Ma petite revanche sur le monde : ma bizarrerie m’a rendue originale, et je l’espère un minimum cultivée, capable d’affronter les pires situations la tête haute et de garder mes larmes pour quelques personnes.

Mes livres m’ont appris la tolérance, à parler au niveau de ceux qui sont en face de moi, sans les prendre de haut (du moins, je l’espère, encore une fois), et à les conduire sur le chemin du dépassement de soi.

Mes livres m’ont donné un certain sens de la répartie. (le crois-je)

Et surtout, j’ai aujourd’hui trouvé sur ma route des gens qui m’acceptent comme je suis, qui me charrient gentiment quand je pars dans un délire littéraire incompréhensible, qui sont indulgents avec ma passion en m’écoutant leur expliquer ma blague (et donc parler de l’univers littéraire dont elle était issue), pour certains en faisant semblant d’écouter mes conseils lectures, pour les autres en découvrant vraiment mes auteurs préférés sans me mentir sur leur ressenti.

J’ai découvert la blogo, et vous: des milliers de lecteurs qui partagent certaines habitudes, mais toujours avec la même passion.

Et puis mon homme, qui me regarde avec cet air attendri, qui me dit que je suis rigolote dans les jours normaux, mignonne dans les jours tendres, qui me console quand je pleure parce qu’un de mes personnages souffre, et que je souffre par voie de conséquence, qui vient lire la blague qui me fait rire à n’en plus pouvoir pour rire avec moi, et ce alors même qu’il ne supporte pas de lire autre chose que des BDs, comics ou mangas, et qui me dit que ma bizarrerie, c’est ce qui me fait moi, et que si je n’avais pas été si particulière, il n’aurait jamais eu envie de s’asseoir à côté de moi dans l’herbe ce 15 mai 2003… (il paraît qu’on m’entendait parler à l’autre bout du campus, avec ma grosse voix qui en avait fait fuir plus d’un avant lui)

Alors oui j’ai jonglé, oui j’ai eu de la chance de pas avoir besoin d’une rhinoplastie (fucking poteaux), oui je suis chelou… mais avec Internet et la trentaine, ça aura mis le temps, mais j’ai découvert que je n’étais plus seule.

Je défie quiconque de venir me dire que bouquiner rend asocial : bouquiner vous fait voyager, rencontrer des gens, vous offre de la culture, de l’assurance… des amis imaginaires comme réels.

C’est avec les livres que j’ai appris à cacher la peur par l’apparence de l’assurance: certes d’un premier abord, cela peut passer pour de l’arrogance; mais cette impression disparaît généralement assez vite. (Sauf si la personne que j’ai en face de moi m’a irrémédiablement dans le pif, on est tous le con de quelqu’un, on ne peut pas plaire à tout le monde)

C’est grâce à mes livres que j’ai appris à argumenter : je n’ai pas attendu d’être avocate!

J’ai du être l’ado la plus chiante à engueuler : j’analysais chaque reproche pour faire un retour à l’envoyeur, mon pauvre père finissait souvent par un « mais qu’est ce qu’elle est fatigante »… et peu importe la sanction, j’avais une sensation de victoire.

Je pense aussi que la lecture m’a ouvert aux gens, à leurs sentiments et m’a donné une capacité à les approcher de la façon qui convient : j’ai cette impression avec mes clients. Dans mon boulot, on rencontre une variété impressionnante de personnalités et il est difficile de savoir si il faut être ferme ou faire le dos rond, être directif ou donner une apparence de passivité.

La culture littéraire ne se passe pas de la psychologie. Sans être diplômé de cette matière, je pense que la lecture nous rend sensible à notre environnement.

Bouquiner peut vous sauver la vie : la bonne phrase au bon moment, la mention « inspiré de faits réels », et hop, un nouvel espoir est là.

Si vous lisez, vous serez originaux, vous n’échapperez peut-être pas à certains quolibets, ou vous aurez la chance que je n’ai pas eu tout de suite, vous rencontrerez rapidement d’autres gens qui partageront votre passion, mais quoiqu’il en soit vous ne serez jamais seuls, car votre livre ne vous laissera voler de vos propres ailes que lorsque vous serez prêts.

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Je l’ai vécu !

Alors oui, je suis trop rêveuse, souvent culcul et fleur bleue, romantique, sadique, énervée, angoissée, d’humeur coquine, d’humeur aventureuse ou vengeresse … ça dépend du vent, du temps, et de mes rendez-vous clients …

Mais c’est à mes bouquins que je dois la chance d’avoir expérimenté toutes ces émotions et de me connaître aujourd’hui si bien.

Ça ne guérit pas de tout, ça ne fait rien oublier, mais ça aide à avancer, à vivre et à profiter de l’instant présent tout en y mettant de jolis mots.

 

En tout cas, voilà ce que ça donne, la lecture et moi !

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5 thoughts on “La lecture et moi

  1. Merci pour ton article. Je me reconnais sur certains passages à la différence que je me suis mise à lire un peu collège mais c’est au lycée que je m’y suis réellement mise et quelques années que je suis accro. C’est vrai que ça m’a permise de réapprendre à pleurer, chose que j’avais oublié mais aussi d’autres émotions. Je n’en dirai pas plus, le reste je connais.
    Ça me rassure de lire ton article et je suis ravie de voir que tu t’en es si bien sortie. je te souhaite encore beaucoup de bonheur.

    Aimé par 1 personne

  2. Coucou!
    Wahou quel magnifique article, grâce à toi je ne me sens plus différente mais plutôt unique 😉
    Sinon moi je lisais très peu ou pas obligation les livres scolaires et j’adorais lire les pièces de théâtre 😍
    Mais je ne lisais pas à part des magazines jeunesse que je dévorais.
    Et un jour j’ai pris mon indépendance ras le bol de partager ma vie où plutôt ma chambre avec ma soeur et j’ai emmené dans ma nouvelle vie dans mon chez moi mes livres, et puis les dimanches j’ai commencé à lire et après mon beau frère actuel (à l’époque c’était juste le pote de mon frère ) m’a offert un livre « vous ne devinerez jamais  » de Mary Jane Clark que j’ai dévoré et qui m’a fait devenir une véritable accro de la lecture!
    Et depuis je ne m’arrête plus et même si on me trouve bizarre et qu’on me critique parce que j’ai toujours un livre avec moi je m’en fiche, je réponds que c’est pas moi qui suis bizarre mais plutôt eux car ils ont pas de livres ce qui arrête assez vite les mauvaises langues! Je vais pas les laisser critiquer ma passion ou ma vie alors que je ne dis rien sur leur passion à eux!
    Et puis j’ai rencontré mon chéri qui a tout de suite respecter ma passion, et je viens de lui passer mon virus de la lecture, certes on ne lit absolumentpas les mêmes livres mais au moins il lit et il s’est rendu compte qu’il adorait ça !
    Et comme je m’entends à merveille avec ma belle soeur je suis lui ai offert ses premiers livres et elle est devenu accro et lit souvent beaucoup plus que moi 😜 ce qui nous fait beaucoup rire toutes les deux!
    Et dans ma famille, je me suis souvent disputé avec certaines personnes car j’offre des livres à mes nièces et que ça ne plaît pas aux parents, on me dit que je suis grave débile avec mes livres et qu’elles n’aiment pas ça alors que mes nièces adorent mais bon un jour elles viendront m’emprunter mes livres 😉
    Mais sinon je lis beaucoup de choses variés et depuis peu je me suis mise au manga et j’aime bien 😉
    Merci pour ton blog et ta page, belle journée à toi
    Bisous 😚😙😘

    Aimé par 1 personne

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