Le garçon de l’ombre de Carl-Johan Vallgren

indexLe garçon de l’ombre, de Carl-Johan Vallgren

 

 

Editeur : JC Lattès

Nb de pages : 298

Le pitch : À l’été  1970, un petit garçon est enlevé dans le métro de Stockholm. Des années plus tard, le frère de l’enfant, Joel Klingberg, disparaît à son tour. Sa femme se tourne alors vers Danny Katz, ami de longue date de son mari, un génie en informatique au passé trouble. Avec réticence, Katz accepte de l’aider. Il ne tarde pas à découvrir que la riche et puissante famille Klingberg cache bien des secrets… Ses recherches vont le mener de Stockholm jusqu’aux Caraïbes, berceau de la fortune des Klingberg. Lorsqu’on essaie de faire porter le chapeau à Katz pour un meurtre qu’il n’a pas commis, l’affaire prend une tout autre dimension. Désormais, découvrir la vérité devient pour lui une question de survie.

Mon avis :

Je ne peux commencer cet avis sans remercier Babelio et les éditions JC LATTES, lesquels m’ont gentiment fait parvenir ce roman dans le cadre de la masse critique de la fin du mois de Mai.

Je l’ai lu rapidement, mais avec mes difficultés de santé et mon hospitalisation, je n’ai pu rédiger tout de suite la chronique par informatique, et en tout état de cause la poster.

Cette petite parenthèse introductive passée, que puis-je vous dire sur ce roman ?

Il commence comme tous les romans du genre polar/thriller : cela m’a d’ailleurs fait peur au départ, dans le sens où je me suis dit que l’on avait affaire à une énième version de la série polar type, avec un héros torturé, au bord du basculement vers le côté obscur, lequel sera confronté à des affaires desquelles sa versatilité, tendance neutre bon pour les joueurs de JDR, le tirera toujours.

Katz est un ex-toxico, ayant perdu ses parents jeunes, avec un passé judiciaire chargé. De rémissions en rechutes, il est néanmoins parvenu à se faire des relations car il est d’une intelligence hors du commun, ce qui lui a permis, lorsqu’il se sortait de la drogue, de faire d’exercer des fonctions plutôt pointues dans les domaines de l’informatique et de la traduction.

Son bagage de délinquant lui a donné aussi une formation d’un autre genre (vol, capacité à naviguer sous les radars, connaissances dans le milieu de la délinquance, et…).

Encore hanté par la drogue, dont on ne guérit jamais vraiment (on se soigne, mais la tentation est toujours là, et ce pour n’importe quelle addiction), et par un passé douloureux (je ne peux développer plus, car il s’agit d’un des ressorts narratifs principaux), Katz mène une vie relativement plan plan, se protégeant des agressions extérieures et de sa tendance à faire les mauvais choix en travaillant chez lui comme traducteur.

C’est donc de façon totalement inattendue que notre héros reçoit l’appel de l’épouse d’un de ses amis d’adolescence, la femme de Joel Klingberg, laquelle lui annonce que son mari a disparu, et qu’il lui avait dit un jour que Katz était le seul en qui il avait jamais eu confiance.

Cette affirmation étonne d’ailleurs Danny Katz, lequel ne se rappelle pas avoir été si proche que cela de ce fils d’une famille fortunée, donc issu d’un milieu totalement différent du sien.

Cet appel sera l’élément déclencheur d’une série de péripéties abracadabrantes mais étrangement réalistes malgré tout, et surtout l’occasion pour Katz de replonger et d’affronter son passé.

Je suis une amatrice de polars, thrillers, romans noirs… il s’agit d’ailleurs de mon genre de prédilection avec la SFFF, même si je lis tous les genres littéraires.

Je suis donc habituée au « profil Katz », lequel est finalement copié de Charlie Bird Parker (le héros de John Conolly), Harry Bosch (le héros de Michael Connelly), ou de Carl Mørck (le héros de Jussi Adler-Olssen) … je pourrais en ajouter des tonnes, et vous aussi si vous lisez ce type de romans.

C’est pourquoi j’ai été assez dubitative lorsque j’ai commencé ma lecture.

Mais l’originalité de l’auteur est qu’il va beaucoup plus loin : il y a peut-être même trop de choses et pas assez de pages, car on referme le livre avec l’envie d’en savoir plus.

Ce premier tome d’une série, en tout cas c’est avec cette conviction que je termine ce roman, même si malgré mes recherches je n’ai pas trouvé de parutions à venir avec le même héros, est foisonnant d’idées et de thématiques à creuser.

Il ne s’agit pas d’une série policière à proprement parler, même si tout commence par le kidnapping d’un enfant, puis la disparition de son frère des années plus tard.

Ce roman est le prétexte à l’étude de l’addiction, de l’amitié, de l’effet papillon (en ce sens que des actes commis par Katz viennent le rattraper des années plus tard), des déviances humaines, ainsi que du rôle des puissants et « sans-dents » dans la société.

Beaucoup de choses en seulement 300 pages …

Après un début de roman assez stéréotypé, je me suis beaucoup attachée aux personnages, qu’il s’agisse des secondaires ou des principaux, et j’ai envie d’en savoir plus.

L’écriture est efficace, l’auteur va droit au but. Il est, je trouve, fin psychologue et analyste, et si certains retournements de situations étaient prévisibles, le chemin que prend la fin du livre est assez surprenant et alléchant.

Peu de personnes ont laissé d’avis sur ce livre, j’en ai vu deux sur Amazon, et je suis d’accord avec les deux avis:

  • oui, il y a parfois des moments où l’on a envie de tourner les pages, car on a l’impression d’être sur quelque chose de peu utile;
  • oui, la révélation finale est surprenante, et peut paraître de trop (le côté abracadabrant);

Mais on aurait tort de tourner ces pages, et l’on aurait tort de s’attarder sur le côté abracadabrant: car prendre ce roman dans son ensemble, c’est constater que chacune de ces pages étaient en réalité nécessaires, et que la révélation finale est finalement la seule explication à tout ce arrive dans ce livre.

La vie est faite de coïncidences étranges, lesquelles ont fait naître les complotistes: mais ce n’est pas parce qu’on n’est complotiste qu’on ne tombe jamais sur un vrai complot, après tout.

Et les coïncidences, les histoires vraies, sont parfois trop ahurissantes pour être crues.

Je pense que mes « confrères de critiques » ont peut-être pris ce roman comme un one-shot : je le prends comme un roman introductif à une série, un peu rapide, mais qui a l’intelligence de détourner les codes du genre et qui a su m’accrocher grâce à ses personnages et à sa psychologie fouillée.

Sans être un coup de cœur, j’ai suffisamment aimé pour me pencher sur les autres romans de l’auteur sortis en France, et pour les avoir ajoutés à ma wish-list.

Je lirai un deuxième tome avec plaisir, afin de voir si l’essai se transforme !

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