Le coin des mangas #5 : Les livres en images

1/ Le maître des livres

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Le pitch:

Mikoshiba est un homme simple, presque banal, mais dans la bibliothèque où il travaille, il excelle. Découvrez ou re-découvrez en sa compagnie les grands classiques de la littérature jeunesse. Retrouvez ces émotions et sentiments enfouis qui vous ont fait vibrer dans le passé et apprenez de nouvelles leçons de vie pour avancer encore plus loin. Découvrez ou re-découvrez tous ces contes et aventures qui ont fait vibrer des enfants et des adultes dans le monde entier.

Mon avis:

On vous ment!

Mikoshiba n’est pas un homme simple presque banal ! Mikoshiba est désagréable, hautain, renfermé, autistique, c’est un champignon … mais il adore les livres et aime plus que tout partager cet amour.Et il est surtout beaucoup plus complexe et profond, comme personnage, que ma description ou celle de l’éditeur !

Alors malgré cet abord presque rebutant (on a parfois envie de taper sur sa tête d’œuf pour lui faire passer ses réflexions à deux balles, parfois envie de l’applaudir selon la punchline du jour), il est quand même hyper balèze: parce que Mikoshiba, tu lui dis deux mots sur le livre que tu cherches, et il est capable de le retrouver.

Vous voyez la blague du mec qui rentre dans une librairie et qui demande le livre à la couverture bleue : bah Mikoshiba, il trouve… c’est le Chuck Norris des livres.

Mikoshiba, il te regarde, t’analyse, analyse ceux qui t’entourent quand tu viens accompagné ou que tu lui parles de ta vie, et il te trouve LE bouquin qui va te faire avancer dans la vie.

Bref, Mikoshiba c’est ton libraire préféré, celui que tu vas voir tous les samedis, et qui sais exactement ce que tu aimes ou ce dont tu as besoin: c’est un super-héros des livres, comme il en existe encore aujourd’hui.

Sauf qu’il est bibliothécaire, pas libraire.

Ce bibliothécaire tout simple et misanthrope était promis au destin de chef d’entreprise, jusqu’à ce qu’il croise la route de son sensei ès livre.

Tout petit déjà, il était passionné par les livres, les contes, les histoires qui t’apprennent à vivre. (et nous, lecteurs, sommes bien placés pour savoir que toutes les bonnes histoires t’apprennent à vivre, peu importe dans quelle catégorie tu les mets, du classique à la SFFF)

Les bonnes rencontres au bon moment et le voilà mis à la tête d’une bibliothèque privée, La Rose Trémière, qui ne prête que des livres pour enfants: mais les livres pour enfants sont ceux qui ont inspirés nos auteurs pour adultes non ?

Comme je le dis souvent, et je suis sûre que plusieurs d’entre vous partagent mon avis, assez de catégorisation non ?

Mikoshiba ne cache rien à ses jeunes lecteurs, comme à ses lecteurs adultes: pas de versions édulcorées des contes, la vie peut être dure, les monstres sont souvent humains, mais c’est parce que ce négatif existe qu’on peut aussi trouver la vie belle.

La bibliothèque qu’il dirige est composée de deux employées féminines, Mizuho et Itaya, aux caractères et aux histoires totalement opposés : on les découvre au fur et à mesure des tomes du manga, avec plaisir et beaucoup d’attentes.

Un quatrième larron, Myiamoto, va rejoindre cette équipe, par hasard, attiré par cette bibliothèque si particulière réservée à la jeunesse (mais quelle drôle d’idée) : cet office man, bouffé par sa vie trop bien réglée, va trouver une véritable bulle d’air et une véritable famille dans cette bibliothèque.

Il n’en deviendra pas employé, mais y sera si souvent présent que c’est un peu par sa présence et par le prisme de sa vision des choses que nous allons plonger dans la vie des personnes qui travaillent dans cette bibliothèque et qui la fréquentent comme usagers.

Chaque chapitre est l’occasion de mettre en exergue une histoire, celle d’un conte ou d’un livre pour enfants, mais aussi celle d’un usager ou d’un employé de la bibliothèque.

Les tomes se suivent et ne se ressemblent que par leur construction. Ils sont l’occasion de donner de belles leçons de vie, de nous rappeler des contes qui ont émaillés notre enfance, d’en découvrir de nouveaux, de découvrir la culture japonaise, mais aussi de faire connaissance avec les personnages principaux et secondaires que l’on croise et recroise souvent.

Flashbacks, révélations, naissances de relations et de sentiments (amicaux ou amoureux?), ce mange est riche, parfois complexe, mais il nous apprend beaucoup.

Pour ceux qui aiment les livres, il vous rappellera pourquoi … pour ceux qui ne les aiment pas (oui mes loulous, il paraît que ça existe!) c’est un manga qui pourrait leur donner envie de pénétrer dans notre monde de rêves et d’apprentissage.

En bref c’est une vraie réussite!

Mais comme il serait outrancier de ne pas laisser la parole au champignon binoclard Mikoshiba en personne (hmmm, cela fait plusieurs fois que j’utilise le terme de champignon, but why ? Réponse dans le premier tome! 😉 ), je le laisse conclure:

« Ce n’est pas toi qui choisit les livres, mais les livres qui te choisissent »

2/ Library Wars

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Le pitch:

Au début de l’ère Seika (ère fictive), le gouvernement a voté un texte appelé “Loi d’Amélioration des Médias” et qui vise en réalité à un contrôle renforcé de la culture. L’armée est ainsi mise à profit pour censurer et détruire les ouvrages susceptibles de troubler l’ordre public, ou de porter atteinte aux valeurs de la patrie !Afin de lutter contre cette répression, les bibliothèques se sont fédérées et mobilisées afin de créer une unité d’élite spécialement entraînée pour protéger les livres et leurs lecteurs. Depuis que, lectrice, elle fut sauvée d’une rafle par un des membres de cette unité d’élite, Iku Kasahara rêve d’en faire partie à son tour. Mais l’entraînement, mené d’une main de fer par son instructeur, s’avère impitoyable !Adaptée d’une série de romans à succès écrits par Hiro Arikawa, “La guerre des bibliothèques” est une incroyable oeuvre de politique-fiction, à la fois grave et prophétique, mais non dénuée d’humour, qui emprunte autant à Appleseed qu’à Fahrenheit 451. Une ode à la liberté et aux livres, originale pour ne pas dire unique en son genre, qui fut adaptée en une série télévisée à succès réalisée par le prestigieux studio I.G. (Ghost in the Shell).Le roman a été vendu à près de 1.5 millions d’exemplaires au Japon, et a été distingué du “2008 Seiun Award for a long fiction”, équivalent asiatique du prix Hugo. Les éditions Glénat auront le plaisir de proposer au public le premier volume du roman en septembre 2010 !

Mon avis :

Il s’agit donc d’une adaptation manga d’un roman. Le sujet traité part de quelque chose de très sérieux, qui rappelle ce qu’ont pu faire vivre de nombreux dictateurs à leurs populations, ou qui rappelle encore le roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury : le premier pas vers la dictature est l’obscurantisme et le contrôle des informations et des connaissances d’une population.

Comme les troupes d’Hitler ont brûlé de nombreux livres, comme la Corée ou la Chine contrôlent les lignes éditoriales et les connexions Internet, la première façon d’atteindre un peuple est de contrôler son accès à la culture ou de tuer ses auteurs « libre penseurs ».

Lorsque l’on ouvre la première page du premier tome de ce manga, cela fait plusieurs dizaines d’années que le peuple n’a plus accès, dans les librairies, à la totalité des œuvres qui ont été publiées au Japon.

Certains livres ont été perdus à jamais, d’autres ont pu être sauvés par des bibliothécaires qui se sont opposés au gouvernement et ont réussi à créer une coalition et une armée pour protéger l’accès à la culture, bien encadré mais néanmoins libre, si tant est que vos parents et votre entourage vous laisse accéder à ces bibliothèques.

Kasahara, l’héroïne, a toujours aimé les livres, et c’est en voulant sauver la suite d’une de ses sagas préférées qu’elle manque, alors qu’elle est encore lycéenne, se faire arrêter par la police qui est en train de rafler les bouquins de la librairie où elle se rend habituellement.

Pour tenter de sauver son livre, elle décide de se faire accuser de vol, ultime geste de rébellion face à la censure, et est sauvée par un gars top la classe (on reste dans un manga, hein) qui est bibliothécaire et fait valoir son droit de préemption sur l’ensemble des livres de la librairie pour ensuite offrir le volume tant désiré à Kasahara.

Kasahara, qui a visiblement besoin de lunettes, va oublier le visage de son prince charmant, mais pas sa vocation, et tente de rentrer dans le Corps des bibliothécaires dès le lycée fini.

Sa force, c’est justement son endurance physique: Kasahara est un vrai garçon manqué, très sportive, et elle souhaite rejoindre l’unité armée du Corps des bibliothécaires.

Elle entretient des relations très conflictuelles avec son supérieur direct, Dojo, qui semble ne souhaiter qu’une chose la voir abandonner…

Voilà  le pitch de départ pour ce manga en 15 tomes.

Ici, point de citation de contes, point d’histoires de vie: le sous titre de ce manga est « love and war ».

On devine rapidement l’identité du prince charmant de Kasahara (mais mets des lunettes et réfléchis bon sang!), et le manga est surtout le prétexte à suivre l’évolution de cette jeune fille qui capitalise tout sur ses aptitudes physiques et est très impulsive et irréfléchie, passionnée et totalement investie par son idéal de défense de la culture.

Ce manga est drôle, et parvient à traiter de sujets sérieux tout en ajoutant une dose de légèreté et de romantisme.

Il est très difficile pour moi de vous en parler plus en détails sans risquer de vous dévoiler une bonne part de l’intrigue, mais chacun des personnages et très travaillé, qu’il soit principal ou secondaire, et le passé et l’histoire du Corps des bibliothécaires est très bien retranscrit: il permet de faire un parallèle intéressant avec l’histoire de notre monde et de prouver la force des livres.

Les gestes forts de chaque dictature commencent souvent par ces gigantesques brasiers d’auteurs mis au ban, et encore aujourd’hui des colombiens, des coréens, des chinois, des auteurs de pays occidentaux sont contraints de se réfugier dans d’autres pays pour continuer à écrire.

Mais à côté de ça la vie continue, elle le doit, et il faut aimer, rire, et se battre pour ses idées.

Alors même si ce manga n’échappe pas à certains clichés, il est pour moi une belle réussite, et j’adore le lire.

On y traite autant de sujets politiques comme les difficultés à concilier politiques gouvernementales, lobbys d’oppositions avec les principes du corps des bibliothécaires, et les luttes armées et pertes humaines que cela entraîne …

Ou encore des petites histoires du quotidien de personnes qui continuent à vivre, à aimer et à grandir dans un pays en guerre.

Je ne connais pas les romans, et le manga ne me donne pas forcément envie de les lire, j’aurais presque peur que ça m’enlève tout le plaisir de lecture du titre imagé … un peu comme lorsqu’on a aimé l’animé Escaflowne et qu’on commet l’erreur d’ouvrir le manga papier!

Mais sans qu’il  s’agisse d’un coup de cœur, il s’agit pour moi d’une très bonne lecture.

***

En bref, deux séries sur les livres complétement différentes, la première un vrai coup de cœur, la seconde une vraie bonne lecture, deux sagas « manguesques » que je vous conseille vivement !

Et vous les loulous ? Avez-vous des BD ou mangas à me conseiller sur l’univers littéraire ?

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3 commentaires sur « Le coin des mangas #5 : Les livres en images »

  1. Très belle chronique sur le Maître des livres 🙂 Même si pour l’instant, je me suis arrêtée au tome 2, parce que j’ai en général un peu de mal avec les mangas qui proposent un enchaînement de petites histoires sans véritable intrigue globale. Les petites histoires indépendantes peuvent être de très bonne qualité, mais là en l’occurrence j’ai trouvé que ça manquait de liant.

    Aimé par 1 personne

    1. D’habitude ça me fait ça… mais je ne sais pas pourquoi ce manga là m’a accroché. Je trouve qu’ils représentent bien les amoureux des livres, la façon dont ils sont vus… et je pense que lu à ou par des plus petits, ça peut leur donner envie de lire.
      Tous les goûts sont dans la nature! je préfère aussi d’habitude les histoires suivies… mais là la magie a opéré. Tu vas quand même tenter le trois?

      J'aime

      1. C’est sûr que ça redore le blason de la littérature jeunesse, et ça donne envie d’aller à la bibliothèque et de trouver un aussi bon bibliothécaire !
        Je tenterais peut-être le tome 3, mais pas tout de suite 🙂

        Aimé par 1 personne

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