Kéro un reportage maudit de Plinio Marcos

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Le pitch:

Kéro est un fils de pute – littéralement. Livré à lui même dans les rues du port de Santos, il raconte la cruauté et la brutalité de son quotidien. Élevé par une maquerelle, entouré de putes, de flics pourris, de matons pervers et d’enfants aussi abandonnés que lui, il sait qu’il n’a aucune chance de s’en sortir.
 » La vie, c’est comme ça : soit tu nais sous une bonne étoile, soit tu nais dans la merde. Dès le départ, y a ceux qu’ont tout et y a ceux qui s’en prennent plein la gueule. »
Roman ou reportage ? La frontière est floue… Kéro sonne terriblement vrai. L’auteur, Plinio Marcos, était un Brésilien libre et bohême surnommé le « dramaturge maudit ». Il a été fortement censuré pendant la dictature militaire.
Kéro, un reportage maudit est aujourd’hui considéré comme l’un des romans fondateurs de la littérature marginale brésilienne.
Attention, roman culte…

Mon avis:

Tout d’abord, je remercie Babelio et les éditions Anacaona pour ce livre, et surtout pour leur patience.

J’ai reçu ce roman court grâce à la dernière Masse critique Babelio, et je n’ai pas eu la force de le lire de suite car je savais qu’il s’agirait d’un roman coup de poing, et je vivais une période compliquée sur le plan perso comme professionnel.

Je l’ai enfin lu.

Et l’uppercut que ce roman vous balance dans l’estomac ne s’oublie pas. Être un fils de pute au Brésil, c’est d’abord être un fils abandonné à soi-même et trouver les moyens de survivre, n’importe comment et n’importe où.

C’est accepter de voir sa mère être traitée comme un objet car rien d’autre ne s’offre à toi comme vision.

C’est accepter la souffrance, la violence, la police, le mépris, l’abandon, le dégoût de soi ou des autres.

L’accepter, vraiment ?

Pas tant que ça. Mais comment se rebeller et trouver la force de vivre malgré tout, de trouver de l’affection?

Donc on n’accepte pas, jamais, et cela rend les choses encore plus difficiles. Parce qu’espérer quand il n’y a aucun espoir ça vous tue un peu plus chaque jour.

Plinio Marco a été censuré dans son pays et pour cause: il est l’un des seuls qui ne voulait par fermer les yeux.

La drogue, les abus sexuels, la violence, ce sont les bas fonds du Brésil qu’il nous décrit là, entre reportage et roman, mais sans espoir jamais.

Alors oui, je suis désolée d’avoir mis tout ce temps, mais ne lisez pas Kéro sans avoir été avertis: il y aura un avant et un après, et il vous faudra ouvrir les yeux et vous battre pour tous les Kéro de ce monde.

Ceux de chez nous d’abord, mais aussi ceux d’ailleurs.

Il n’y a pas de nations, de races ou de couleurs quand on lit un roman comme celui-ci: il y a une humanité, une seule, à laquelle on voudrait donner les mêmes chances de s’en sortir.

Les coups et la torture ? C’est la lecture, nécessaire, de ce livre aux termes crus et à la réalité impitoyable de ce monde, qui vous dit qu’on ne nait pas avec les mêmes chances mais qu’on aimerait changer tout ça.

L’uppercut ? C’est quand en fermant ce livre vous savez que vous ne pouvez pas.

Tapis.

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