Meg Corbyn, Tome 1 : Lettres écarlates de Anne Bishop

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Le pitch:

Meg Corbyn a vécu toute sa vie coupée du monde, traitée comme de la viande par des hommes sans scrupules se servant de ses visions du futur pour s’enrichir. Lorsqu’elle s’enfuit, ils sont prêts à tout pour la récupérer, même à s’aventurer sur le territoire des Autres. Ces créatures de cauchemar prêtes à éradiquer l’humanité au moindre faux pas auprès desquelles Meg va trouver refuge. Mais si Simon Wolfgard, loup-garou et chef de la communauté, est d’abord intrigué par cette humaine intrépide, il pourrait à tout moment décider de simplement éliminer cette source de danger pour les siens…

Mon avis:

je me répète souvent dans ces dernières chroniques! Mais j’en ai assez que tout fasse l’objet d’une catégorisation, surtout lorsqu’à mon sens elle risque de desservir un roman.

Mettre Meg Corbyn en bit-lit, c’est juste impossible ! NON DE NON !

C’est de l’urban fantasy et un bon cru en plus !

Tout est inversé dans ce roman. Nous sommes sur Terre (ici nommée Namid), mais ce ne sont pas les humains qui l’ont colonisée.

Ce sont les Terra Indigene (les Autres dans le résumé de l’éditeur) : les terra indigene sont toutes les créatures de la mythologie fantastique: les loups garous (les Wolfgard), les ours garous (les Beargard), mais également des créatures plus magiques et plus puissantes: par exemple, les élémentaires qui contrôlent l’eau, la terre, la glace, la foudre … bref, les éléments quoi!

En marge de ces puissantes créatures, leurs proies, les humains, vont tenter de se rebeller, rébellion vite matée.

Les humains ont donc été contraints de de trouver un autre moyen de survivre. Ils se sont donc réunis en petites communautés pour survivre et ont évolué exactement comme nous: invention de l’électricité, de l’informatique, etc…

Les Autres ont ainsi commencé à voir un intérêt dans le fait de commercer avec les humains, puisqu’eux ont quelques difficultés à évoluer et à sortir de leurs atavismes séculaires.

Ils ont alors décidé de louer des terres aux humains, à condition de bénéficier de ces progrès, et à condition que ces derniers respectent les lois qu’ils leur imposent.

En échange, les humains ne sont plus des proies, sauf s’ils s’aventurent sur le territoire des Autres ou s’ils ne respectent pas les règles.

Dans ces cas là, les humains disparaissent et leurs affaires sont retrouvées à un endroit bien précis… en tout cas, c’est ainsi à l’enclos de Lakeside.

C’est à cet enclos que Meg Corbyn se présente un soir, très peu couverte dans la neige, seule et l’air perdue.

L’enclos de Lakeside est dirigé par les Wolfgard, plus précisément Simon Wolfgard, et contient d’autres créatures: les Illumunati (les vampires), les élémentaires, les corbeaux, et d’autres bien plus mystérieuses.

Meg voit une annonce affichée sur la porte de la librairie tenue par Simon, librairie ouverte aux humains à ses heures : cette annonce précise que l’Enclos cherche un agent de liaison, c’est à dire une personne qui fait le lien entre les Autres et les Humains, et qui sert de facteur au sein de l’Enclos.

Simon déteste les humains, mais est étrangement touché par la détresse qu’il lit sur le visage de Meg Corbyn … émotion qui lui est étrangère.

Bien qu’il flaire (hihi, loup, flaire, blague … et Lilie qui sort) une grosse entourloupe, il décide de lui offrir le poste.

Je ne spoile rien en dévoilant que Meg a des visions de l’avenir, puisque c’est indiqué dans la quatrième de couv’… mais la réalité est bien plus complexe que cela et lorsque les membres de l’enclos découvriront les véritables origines de « leur Meg », leur attachement à cette humaine qui n’en ait pas une ne fera qu’augmenter.

Elle va vite devenir un pilier de l’enclos, car grâce à elle les humains de Lakeside auront bien moins peur des Autres, et les Autres s’intéresseront enfin aux être humains autrement que par ce qu’ils peuvent leur apporter.

J’ai lu beaucoup de critiques sur ce livre, et il y a une chose qui m’a frappée: c’est que soit on adore soit on déteste.

Souvent, dans les critiques les plus vives, j’entends dire que Meg est énervante, qu’elle est niaise et que du coup il est impossible de s’attacher à son personnage.

En fait, je pense que dans ce livre, tout est une question de point de vue, et de réussir à comprendre ce que l’auteure veut faire passer. Le secret pour tomber dans le piège Meg Corbyn et ne plus en sortir, c’est de réussir à se mettre dans la peau de ces personnages, qui sont complexes car dans une dualité extrême.

Rien n’est manichéen, les Autres sont des monstres mais peuvent avoir des élans d’humanité, et les humains sont des proies mais peuvent présenter les pires travers.

Finalement, le seul personnage dans la série qui pour le moment est réellement innocent et sans arrières pensées, sans être fade et dépourvu de relier, c’est celui de Meg.

Oui, il y a une certaine niaiserie dans sa façon d’aborder le monde, et les Autres également d’ailleurs, et c’est cette innocence qui fera qu’elle est acceptée: parce que ce qu’elle fait ou dit n’est jamais inspiré par le mal.

Meg a 23 ans, je crois, lorsqu’elle s’enfuit de l’endroit où elle était retenue, et où elle a subit, elle ou ses « sœurs », les pires atrocités.

Elle a 23 ans lorsqu’elle voit le monde pour la première fois autrement que par des films qui lui étaient montrés chaque jour pour aider à décrypter ses visions.

A 23 ans, ce n’est pas une jeune femme qui se présente donc à la porte de l’Enclos, mais bien une enfant, qui n’a appris la vie que dans les livres.

Elle va rencontrer dans l’Enclos des amis, humains ou non, qui vont lui apprendre à se confronter à la vie de tous les jours: faire les courses, regarder des DVDs, avoir des discussions entre filles, se méfier des gens …

C’est une enfant qui découvre la vie, et je trouve que qualifier ce personnage de niais est dur, et surtout c’est totalement passer à côté du fondement même de l’histoire, même si bien sûr chacun à son appréhension des choses et sa vision de la vie.

Quant à Simon, j’en ai entendu plein dire que ça se sentait à plein nez qu’il voulait coucher avec elle, et que ce bouquin sentait la romance de bas étage à plein nez.

Là encore, si chacun est libre d’avoir son avis, je suis en total désaccord avec cette vision des choses.

Dans ce premier tome, Meg est rapidement intégrée à la famille de Simon par un biais pour le moins inattendu que j’ai envie de vous laisser découvrir.

Et si Simon se surprend lui-même par son envie de protéger Meg, et son envie de l’intégrer à sa propre meute, bien qu’il le laisse avoir sa meute humaine, il n’y a jamais de notion de sentiments amoureux … sauf par le biais de la meute humaine de Meg, composée des employées féminines de l’Enclos, et sûrement influencées par les romans érotiques qui pullulent sur les histoires entre les Autres et les Humains… alors que dans la vraie vie (celle du roman, j’entends) les humains finissent toujours par être bouffés par les Autres et n’ont jamais envie de coucher avec eux, si ce n’est pour faire un préliminaire agréable au repas.

Par contre, effectivement, cette question de l’éveil au sentiment amoureux sera posée dans le second tome, pour aboutir à la conclusions que Meg est loin d’être prête…

Donc voyez ? mauvaise analyse !

Ce roman vaut aussi pour ses personnages secondaires, qu’il s’agisse des corbeaux, des ours, des poneys, des élémentaires, ou encore de la mystérieuse Tess… ces personnages sont profonds, on le devine dès la première lecture de ce livre, que j’ai lu déjà deux fois.

Il y a un potentiel mythologique énorme dans cet univers, qui donne envie d’aller plus loin, et de se jeter sur chaque nouveau tome.

Tout au long du roman, les membres de l’Enclos vont protéger Meg des gens qui la recherchent, et mêler certains humains à cette histoire.

Je ne peux développer plus sur ce point, mais sachez juste qu’outre une fin démentielle, ce premier tome ouvre clairement l’intrigue sur quelque chose de plus grand, d’un point de vue politique: l’Histoire n’est-elle pas un éternel recommencement ?

En bref: jetez-vous dessus sans plus attendre !

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