Mercy Thompson, tomes 1 à 4, de Patricia Briggs

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Le pitch du premier tome:

 » Les loups-garous peuvent être dangereux si vous vous mettez en travers de leur chemin. Ils ont un talent extraordinaire pour dissimuler leur véritable nature aux yeux des humains. Mais moi, je ne suis pas tout à fait humaine.  » En effet, Mercy Thompson n’est pas une fille des plus banales. Mécanicienne dans le Montana, c’est une dure à cuire qui n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis et à sortir les griffes quand le danger frappe à sa porte. Mais ce n’est pas tout : son voisin très sexy est le chef de meute d’une bande de loups-garous, le minibus qu’elle bricole en ce moment appartient à un vampire, et la vieille dame très digne qui lui rend visite vient jeter des sorts sur son garage. Au cœur de ce monde des créatures de la nuit, Mercy se trouve mêlée à une délicate affaire de meurtre et d’enlèvement…

Mon avis:

 J’ai de gros a priori sur la bit lit.

J’ai lu il y a quelques années l’auteure précurseur du genre, en tout cas dans sa traduction en France, il me semble : machine pour Anita Blake.

J’avais aimé : j’étais jeune adulte, le frisson de l’aventure, de voir pour une fois une femme mise en avant, l’effet Buffy contre les vampires dont je suis une immense fan…

L’érotisme aussi.

Sauf que, en tout cas pour Anita Blake, l’érotisme est vite devenu du porno, l’aventure est passé en second plan, l’héroïne s’est complue dans des partenariats sexuels multiples, au prétexte de développer d’abord sa puissance magique, puis sa place dans la « meute » dont elle est devenue l’alpha.

Alors je ne suis pas pour autant prude, mais je ne trouve pas que ce genre de littérature, d’une part serve la cause des femmes (bien qu’autant que les hommes, les femmes doivent pouvoir avoir la vie sexuelle qu’elles veulent mener), et d’autre part conserve un intérêt.

Si je veux lire du porno, et bien, je lis du porno. Quand je lis un roman fantastique, je veux surtout du fantastique.

Alors voilà, je suis tomée dans les idées préconçues, d’autant que les romans lus ensuite, inspirés d’Anita Blake, ou dans la même veine en tout cas, se sont tous vautrés dans la même dérive sexuelle.

Une fois encore, j’aime l’érotisme, je peux y trouver mon compte, et il peut emballer mon imagination. Mais je l’aime sensuel, parfois suggéré, poétique.

Et la bit lit, eh bien, de nos jours, ce n’est plus écrit avec finesse.

C’est aussi la raison pour laquelle je déplore cette volonté de catégoriser à tous prix : des romans dans lesquels il y avait des êtres possédant des canines se sont injustement trouvés classés en bit lit : je peux vous citer à nouveau Rose Morte de Céline Landressie, mais je pense aussi à Meg Corbyn d’Anne Bishop ou encore à Mercy Thompson, objet de l’avis de ce jour.

La définition « acquise » de la bit lit est la suivante : La bit-lit (littéralement, « littérature mordante ») est un sous-genre littéraire de la fantasy urbaine apparu dans les années 2000. C’est un anglicisme composé de bit pour to bite (« mordre » en français), et lit pour literature (« littérature » en français), sur le modèle de l’expression chick lit qui désigne la littérature pour filles (« chick » étant un terme familier pour désigner les filles).

La définition de l’urban fantasy est la suivante : sous-genre où des créatures féeriques ou mythologiques vivent dans un centre urbain dont le niveau technologique peut varier entre la fin du XIXe siècle et le XXIe siècle. La plupart des œuvres abordent surtout la seconde moitié du XXe siècle et le XXIe siècle. Magie et technologie s’y côtoient. L’élément le plus important de la fantasy urbaine est qu’elle prend place dans un centre urbain, un univers familier créé par l’homme, qui se trouve en contraste avec celui généralement associé aux créatures surnaturelles : le surnaturel fait irruption dans le monde civilisé.

De nos jours, la bit lit est forcément teintée de cet érotisme vulgaire et non maîtrisé.

Les romans précédemment cités ne font pas partie de cette catégorie.

Pour Rose Morte, on peut parler de roman historico fantastique, pour Meg Corbyn, d’Urban fantasy dans la plus pure acception du terme.

Je trouve que Mercy Thompson rentre également dans cette catégorie.

Ce long préalable fait, comment en suis-je venue à lire un roman qui figurait dans une catégorie littéraire que je n’aime pas ?

Ca a d’abord été un achat France loisirs, un mois où il n’y avait pas grand-chose qui m’attirait, et après la déception Anita Blake.

Je me suis dis, « hey, tu ne vas pas quitter loups garous et vampires sous le prétexte qu’un auteur t’a déçue ».

Je ne pas combien de temps après cet achat j’ai fini par sortir le tome 1 de ma PAL. Sans doute une éternité.

Je l’ai lu très vite : je l’ai même survolé, et trouvé pas très bon.

J’avais le deuxième tome dans ma PAL et je me suis dit qu’après tout, il fallait le lire pour se faire un véritable avis.

Et finalement j’ai vendu ces livres.

Sauf que le phénomène « Mercy Thompson » a pris une ampleur sans précédent.

Même Meli du Bazar de la littérature, dont ce n’est pas non plus le style de lecture a priori, avait apprécié.

Ça a tourné dans ma tête.

Et oui, oh grande honte (le gaspillage c’est mal), j’ai racheté le tome 1, mais cette fois-ci en poche chez Milady.

Je suis une lectrice qui a ses « périodes » : si je persiste à lire de la fantasy alors qu’au fond tout ce dont je rêve c’est d’un polar, vous pouvez être sûre que je ne pourrais pas avoir d’avis objectif, ni positif, sur ma lecture.

Sauf que parfois, on ne se rend compte qu’on est pas dans le « mood » qu’une fois le livre ouvert, voire fini.

Cet été, vous avez pu constater que j’ai subi une vraie panne de lecture.

J’ai lu un peu l’Odieux connard, ainsi qu’un polar magnifique et intense, Yeruldelgger, dont j’ai fait la chronique.

Pour le reste, ça a été un long silence radio, à part sur la page facebook que j’ai essayé de continuer à faire vivre.

Je n’avais envie de rien, ni mangas, ni BD, ni romans en particulier.

Alors par dépit, et parce que je l’avais déjà lu, que ce serait donc peut-être plus facile, j’ai rouvert Mercy Thompson.

Et décidément, à ma première lecture, je ne devais vraiment pas être dans le bon mood.

Parce que j’ai adoré cette relecture : à tel point que je me suis jetée sur le tome 2, et que j’ai commandé les tomes 3et 4 chez Gibert en occasion pour dévorer la suite.

Alors bien sûr, on n’est pas du niveau d’auteurs comme Pevel, Villeneuve, Hobb, Landressie, Martin, ou Tolkien. (vous voyez, je balaie large!)

Mais ce n’est certainement pas ce que Patricia Briggs a voulu faire ici : elle écrit par ailleurs de la fantasy, de la très bonne fantasy d’ailleurs.

Mercy Thompson, cela reste une lecture légère, dans le sens où on retrouve les ficelles du genre : la nana est badass, les mecs sont beaux, et c’est sur elle que tombent toutes les tuiles du monde.

Mais en même temps, il serait un peu étrange d’écrire sur un personnage à qui il n’arrive rien : c’est le principe d’X-Files vous voyez : un pote m’avait dit « moi je regarde pas cette série car c’est pas crédible, y a qu’à Mulder et Scully qu’il arrive des trucs chelous. » Ouais mec, mais en même temps, ils formaient (et reformeront bientôt *teasing*) une équipe spéciale du FBI qui devait gérer les trucs chelous, donc on les appelait, et ils allaient dans tous les États-Unis. Conclusion, c’était pas bizarre que ça tombe toujours sur eux, c’était parfaitement logique. Na.

Bah là c’est pareil : il tombe des tuiles tout le temps sur la tronche de Mercy, mais c’est parce qu’à la base, elle est la Suisse des être surnaturels : ni fae ni humaine, et en plus, en tout cas au stade où j’en suis, c’est-à-dire le tome 4, la dernière de son espèce.

Ce qui est intéressant avec le personnage de Mercy Thompson, c’est qu’elle ne sait pas qui elle est. Elle veut une vie peinarde, gérer son garage, et s’affranchir de son passé, vécu au sein d’une meute de loup-garou.

Elle est en pleine quête d’identité et d’affranchissement.

Et c’est cette volonté de neutralité qui va pousser son entourage à recourir à ses services, puis son courage et son désir de protéger ceux qu’elle aime qui vont la pousser à ne jamais laisser tomber.

Certes le schéma de « l’aventure » principale est donc à peu près toujours le même, mais Patricia Briggs réussit ce tour de force d’à chaque fois faire du neuf avec du vieux.

En outre, on ne tombe jamais dans une vulgarisation excessive : la mythologie est parfaite et cohérente.

Les faes sont en plein coming out, gouvernés dans l’ombre par des éminences grises qui ne veulent pas que l’on découvre leur existence : ainsi, seuls les faes les plus inoffensifs sont mis en avant pour donner une image positive de leur espèce.

Sauf que de plus en plus d’humains ont conscience que quelque chose ne tourne pas rond et que tout n’est pas dit : les loups garous décident à leur tout de révéler leur existence, en tentant de se présenter sous leur meilleur jour.

Mais ils sont des prédateurs, une nature difficile à cacher.

Les policiers sont témoins de faits de plus en plus étranges, difficile de ne pas faire le rapprochement avec la révélation de l’existence de créatures surnaturelles.

C’est un peu rassurant, car si les humains pensent qu’un fae de maison peut exister sans imaginer que le vampire peut lui aussi se trouver à chaque coin de rue, finalement, cela fait de l’être humain l’imbécile qu’il est : celui qui croit encore que le nuage radioactif de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière française.

Entre les humains et les faes, il y a Mercy, qui n’est donc ni l’une ni l’autre.

Il y a donc des implications politiques évoquées dans cette suite de romans, qui ne fait pas que la part belle à l’action.

Mercy n’est pas présentée comme la badass de base, qui a des super pouvoirs pour botter les fesses des méchants : elle est plutôt faible, même sous sa forme surnaturelle. Mais, consciente de par son éducation des dangers qui l’entourent, elle pratique des arts martiaux et a appris les us et coutumes des êtres qu’elle fréquente, pour se protéger et vivre sa vie le plus pacifiquement possible.

Elle ne devient pas du jour au lendemain une spécialiste du judo super balaise, ne se découvre pas l’instinct pour manier le sabre ou ce genre de « bêtises ».

Elle a appris à survivre.

C’est une facilité de plus évitée par l’auteure, et ça fait plaisir de montrer une femme forte, forte parce qu’elle a décidé de l’être et non pas devenue ainsi par magie.

Enfin, et forcément, j’ai envie de dire, il y a ce côté romance : inévitable bien sûr, mais tellement bien amené.

Un faux triangle amoureux se dessine, pas vraiment d’hésitation pour la belle (enfin, à mon avis), juste la peur de se laisser aller et de faire souffrir un vieil ami.

L’homme, dans ces bouquins, est forcément beau et costaud : mais il est aussi gay, noir, fragile, sentimental parfois, protecteur sans être stalker (poke Christan Grey) …

L’homme est un vrai mec en somme. Et c’est rafraîchissant.

La romance dans Mercy Thompson est aussi l’occasion de se poser les vraies questions: la difficulté de quitter la solitude, de s’intégrer dans un groupe construit, les relations homo sont abordées au seins d’un monde macho, la difficulté de trouver sa place dans une famille existante.

On sent que Patricia Briggs, qui peut-être voulu s’affranchir de certains codes de la fantasy classique, n’a pu toutefois oublier toute la profondeur que demandait un univers digne de ce nom: et c’est bon!

En bref, de vrais bons moments de lecture avec Mercy Thompson, et une envie dévorante de se précipiter sur la suite, que j’ai toutefois temporisée : il faut savoir faire durer le plaisir !

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2 thoughts on “Mercy Thompson, tomes 1 à 4, de Patricia Briggs

  1. Ôo tu vas voir le tome 5 est plus sombre et même très émotionnant. J’avoue avoir été remuée par ce qui y arrive à Mercy.
    C’est une de mes séries fétiche avec:
    Rebecca Kean, Kate Daniels, L’exécutrice, Kaz Parks, Cassandra Palmer ou une découverte à l’instant Kayla Marchal chez le Chat Noir.
    Bonne lecture dans la suite de la série 😉

    Aimé par 1 personne

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