Rose Morte tome 1, La Floraison, de Céline Landressie

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Le pitch:

France, fin du XVIe siècle. Rose, unique héritière du comte Greer, est une jeune femme au caractère bien trempé. Mais son père, craignant pour son avenir, désire à tout prix la marier. C’est en essayant de se soustraire à ce destin qu’elle va faire la connaissance d’Artus de Janlys. Immédiatement sous le charme du fascinant comte, la jeune femme va être propulsée dans un univers de dangers et de mystères, où les meurtres abjects qui terrifient la capitale trouveront une explication incroyable et pourtant bien réelle…

Mon avis:

Vous voyez ces livres dans lesquels, lorsque vous les ouvrez, vous avez enfin l’impression d’être à la maison ?

D’avoir atteint ce degré de plénitude que vous cherchez lorsque vous lisez ?

D’avoir l’impression qu’il vous manque une partie de vous lorsque vous devez le reposer pour vaquer à d’ingrates occupations, comme le travail, préparer le repas, se doucher ou faire le ménage, bref, quand il faut retourner dans la vie, la vraie ?

Et bien Rose Morte fait partie de ceux là.

Ah vous ne me croyez pas ? Lisez le, qu’on en reparle.

Essayez de lâcher ce livre pour dormir, ou faire un câlin à votre chat au moment où Rose rencontre Artus, ou encore lorsque sa vie est bouleversée et verse dans le plus grand des changements. Deux fois. En un seul tome.

Essayez de lâcher le livre quand Rose découvre que son père lui cache un lourd secret.

Essayez de le lâcher quand on en apprend plus sur Artus et son frère.

Foi de Lilie, vous n’y arriverez pas.

Et pourtant, il s’agit d’une seconde lecture. Eh bien, elle m’a fait le même effet que la première fois: elle m’a attrapé le cœur et le ventre, les a tordus dans tous les sens, et m’a laissée pantelante.

Maintenant, il faut que j’arrive à vous expliquer pourquoi, et c’est moins facile, tout de suite, quand on n’a pas la plume d’une Céline Landressie …

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas d’accord avec le classement fait par Milady de cette saga: elle est classée en bit-lit, et franchement, ce n’est pas tout à fait ça (même si je te pardonne parce que je t’aime, Milady).

Rose Morte, c’est la littérature historique, vampirique, gothique et fantastique, tout ça à la fois, mais pas de la bit-lit au sens commun où celle-ci est entendue maintenant. Actuellement, la bit-lit est un sous genre de l’urban fantasy, destinée en général à un lectorat féminin, et de plus en plus ultra sexualisé.

Alors oui, dans Rose Morte, il y a un personnage principal féminin, oui dans Rose Morte, il y aura des jeux de canine, et oui, dans Rose Morte il y a de l’amour, ce qui pourra plaire aux « filles ».

Mais Rose Morte, c’est avant tout l’histoire dans l’Histoire, avec le choix d’une période trouble qu’est la période de la Guerre des religions, mais aussi le souci du détail, comme de ne pas utiliser le terme de vampire à une époque où il n’était pas inventé.

Rose Morte, c’est avant tout l’histoire d’une femme en recherche d’émancipation au service de l’évocation de sentiments plus profonds, comme la quête d’épanouissement au delà du carcan sociétal, ou la quête de l’amour comme l’expression de la reconnaissance de soi et non de l’image que l’on projette.

Rose Morte c’est avant tout un hommage à la littérature vampirique classique avec un détournement des codes sans que ceux-ci ne soient pourtant dévoyés: le vampire est un monstre, plus ou moins maîtrisé par son hôte.

Alors non, Rose Morte ce n’est pas de la bit-lit, c’est de la littérature fantastique, tout simplement, avec un véritable travail de recherche et d’écriture.

Cependant, je pardonne à Milady: parce que finalement Rose Morte c’est inclassable, et la catégorisation faite par l’éditeur, quoique trompeuse, permettra au plus grand nombre de découvrir la tuerie qu’est cette série.

L’écriture de Céline Landressie est un petit bijou de précision historique, d’une qualité inouïe, et juste délicieuse: on voyage rien qu’avec la plume, et plus encore lorsque l’on s’attarde sur ce qu’elle décrit.

C’est l’évocation de costumes grandioses, de coutumes dépassées, de bals magnifiques et de mœurs passées comme si on y était.

Les personnages sont profonds et très réalistes, ils ne peuvent laisser indifférents.

Les non dits donnent envie d’entrer dans le livre pour les secouer, leur indignation devient la nôtre, leurs inclinations font fondre notre cœur, et on rêve avec eux, on s’effraie avec eux.

Pendant plus de la moitié du roman, point de fantastique, « juste » un roman historique, et une intrigue politique en filigrane.

Et par petites touches délicates, on entre petit à petit dans ce qui approfondit encore ce roman: la mythologie se développe, et la quête d’Artus devient progressivement la nôtre: que cherche t’il en Rose, en ces meurtres perpétrés à Paris, et pourquoi ?

Sait-il quelque chose ?

La mythologie justement: celle de Rose Morte est totalement nouvelle, et tient sa source dans des origines séculaires, voire millénaires, qui ne seront dévoilées qu’au fur et à mesure des tomes de Rose Morte: c’est dire si l’auteure entend encore approfondir l’histoire.

On en apprend suffisamment pour nous mettre l’eau à la bouche, pour satisfaire à une curiosité légitime lorsque l’on découvre une nouvelle saga littéraire, mais surtout pour avoir envie de pousser encore plus loin l’aventure.

Si l’auteure joue sur des codes relativement classiques, à première vue, dans les relations entre les personnages, et notamment lorsqu’elle introduit Artus dans l’histoire (un homme irraisonnablement magnifique et très mystérieux), elle les détourne de façon suffisamment habile pour que cela ne paraisse pas pour autant « facile ».

La relation entre Rose et Artus présage dès ce premier tome de rebondissements divers, parce qu’ils sont à la fois tellement semblables et si différents: semblables par leur fierté et leur difficulté à s’exprimer, différents parce que l’une est sanguine et passionnée, tandis que l’autre ne cultive pas le mystère pour l’apparat mais par obligation et probablement par l’habitude de la solitude.

L’arrivée d’Adelphe, le frère d’Artus, dans la vie de Rose ne sera pas le prétexte à des complications amoureuses inutiles, et Céline Landressie développe un point bien plus important finalement: l’amitié.

La confrontation de Rose au monde de la nuit sera émaillée des difficultés que l’on s’attend à la voir rencontrer.

En réalité, rien n’est facile dans Rose Morte, rien n’est évident, ce qui fait d’ailleurs la beauté de cette série.

Parce que finalement, ce roman, bien qu’il se veuille fantastique, reste farouchement à l’image de la vie, celle de tous les jours, celle qui provoque nos errements, nos hésitations et nos craintes, comme nos passions et nos joies.

Enfin, le livre n’est pas exempt de scènes d’actions parfaitement rythmées et décrites.

Ce premier tome se termine d’ailleurs sur une scène explosive (ah ah: vous voulez savoir pourquoi l’utilisation de ce terme est drôle dans le contexte ? Lisez mes amis, lisez), et sur des révélations poignantes et intrigantes.

Rien de mieux pour nous donner envie de nous plonger dans le tome 2… qu’il me tarde tellement de relire lui aussi !

Mais j’ai décidé d’attendre. Quoi donc me dire-vous ? Eh bien la sortie du tome 2 en poche, chez Milady, le 18 septembre 2015 (le jour de mon anniversaire, si ça c’est pas le destin).

C’est bon les loulous, vous avez noté ? Le 18 septembre dans toutes les bonnes librairies: courez renouveler votre coup de cœur.

Foi de Lilie, vous ne le regretterez pas.

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10 commentaires sur « Rose Morte tome 1, La Floraison, de Céline Landressie »

  1. Oh oui, je vois très bien de quelle impression tu parles… pour avoir ressenti la même chose ! Chose étonnante, pour une fois, je préfère un personnage masculin plus « doux », je préfère Adelphe 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Réfléchissons…. Le dernier Bit Lit que j’ai lu doit dater de…. Hum… Anne Rice ? ^^
    Pourtant côté cinéma, j’ai vu pas mal de films sur le thème ces derniers temps. En faîte, je ne sais pas quel roman choisir pour me relancer dans la Bit Lit. Je note celui ci en attendant ^^

    Aimé par 1 personne

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